Les Universités françaises sont pauvres, et de plus ne peuvent pas gérer efficacement leurs faibles moyens :

  • elles sont pauvres : la France dépense trois fois moins par étudiant du supérieur (hors dépenses de recherche) que les Etats-Unis (Source OCDE). Même proportion au niveau de la part de l'enseignement supérieur dans le PIB, trois fois plus élevée aux Etats-Unis qu'en France.
  • elles sont peu efficaces : pas d'autonomie financière et administrative, sélection des étudiants par l’échec en cours d’études.

Le résultat est connu : une sélection de fait par l'argent, l’écrémage par les grandes écoles, des formations universitaires prolongées qui n’assurent pas l’emploi à la sortie, un taux élevé d'abandon des études. Pour la France, une perte de potentiel de croissance dans les secteurs les plus porteurs, ceux basés sur la connaissance.

Il faut pour en sortir violer plusieurs tabous français :

  • augmenter les ressources en faisant appel aux étudiants (droits fortement majorés, combinés avec bourses et/ou crédits bancaires) et aux dons privés (notamment des anciens étudiants et des fondations), notamment pour financer des bourses et mieux payer les enseignants les meilleurs. Objectif : doubler en cinq ans la dépense par étudiant, à effectif donné ;
  • développer la concurrence entre universités en autorisant la sélection au mérite, des étudiants comme des enseignants, avec des règles assurant la diversité du recrutement et l’égalité des chances (d’où l’importance des bourses) ;
  • assurer la bonne gouvernance dans l'autonomie par des conseils d'université indépendants, apolitiques, associant enseignants et experts extérieurs, avec une minorité de représentants de l'Etat et des régions.