L'INSEE vient d'annoncer que le déficit public est passé de 3,7% du PIB en 2004 à 2,9% en 2005. Comment a été obtenue cette amélioration de 0,8 point de PIB ?

Les perspectives économiques pour 2006-2007 publiées début mars par le ministère des Finances permettent d’éclairer cette question même si les chiffres présentés alors ont pu être légèrement modifiés depuis.

La croissance du PIB en 2005 (+1,4 %) a été inférieure à notre "potentiel" ce qui a contribué à augmenter le déficit d’environ 0,3 point de PIB si on suppose que les recettes des administrations publiques augmentent à la même vitesse que le PIB. Toutefois, si cette hypothèse est à peu près vérifiée sur le long terme, ces recettes peuvent avoir une "élasticité au PIB" bien plus forte sur une année donnée, ce qui est arrivé en 2005. Si on en tient compte, la conjoncture économique a contribué à réduire le déficit public de 0,2 point de PIB.

Peut-on en conclure que l'effort structurel de réduction du déficit a été de 0,6 point de PIB ? Cela se discute car l'adossement des retraites des industries électriques et gazières au régime général a entraîné le versement aux administrations publiques d'une soulte de l'ordre de 0,4 point de PIB. Il s'agit d'une mesure exceptionnelle qui a pour contrepartie des déficits futurs plus élevés. Un changement de la méthode de comptabilisation des dépenses d'équipement militaire a aussi permis de gagner transitoirement 0,1 point de PIB.

Si on retire ces mesures particulières, il reste un effort discrétionnaire de réduction du déficit de seulement 0,1 point de PIB. Les mesures nouvelles ont contribué à augmenter les prélèvements obligatoires et le solde public d’environ 0,3 point de PIB mais la progression des dépenses publiques (4,1% en valeur) a contribué à le dégrader d'à peu près autant. Cette croissance des dépenses publiques a été plus forte que la croissance du PIB en valeur en 2005 (+2,7%) et même plus forte que la croissance du PIB sur un horizon de moyen terme (de l’ordre de 3,7% par an avec une hypothèse de hausse des prix de 1,5%).