Le Parlement vient d'adopter définitivement une nouvelle loi d'orientation et de programmation pour la recherche et l'innovation. Cette loi est de mon point de vue une bonne loi, car elle peut améliorer la pertinence et l'efficacité de notre système de recherche et d'innovation. Cependant, la valeur d'un texte législatif ne saurait être réellement appréciée qu'après sa mise en application. Il conviendra donc que tous ceux qui ont une responsabilité dans notre système de recherche publique, du ministre au chercheur de terrain, veillent à ce qu'aucun dérapage ou effet pervers ne viennent contrecarrer l'objectif initial. Le diable se loge souvent dans les détails…

Mais il est une condition plus essentielle au succès de la loi. C'est que soient exprimés au plus haut niveau de l'exécutif des objectifs politiques qui puissent être déclinés en orientations stratégiques pour la recherche. A cette seule condition en effet, la recherche publique pourra remplir sa mission, à savoir répondre aux besoins et aux exigences de la communauté nationale, qu'ils soient de nature culturelle, économique ou sociale. Seul des Présidents de la Cinquième République, le Général de Gaulle a défini de tels objectifs dont le maître mot était alors "indépendance" (énergétique, militaire etc.).

Le résultat du manque d'implication stratégique de l'Etat dans ce secteur depuis plus de trente ans explique pour une large part le désarroi du monde de la recherche publique mais aussi, osons le dire, les insuffisances et carences manifestes de notre système de recherche et d'innovation qui concernent les entreprises comme le secteur public.

Ces insuffisances et ses carences constituent une des causes majeures du manque d'innovation, et par conséquent de création d'emplois, qui marque l’économie française. Un candidat à la Présidence de la République ne saurait donc rester muet sur ce point.