L'OCDE vient de publier son étude annuelle sur l'imposition des salaires 2004-2005, qui fournit des données comparatives sur l'impôt sur le revenu supporté par les salariés ainsi que les cotisations sociales patronales et salariales dans les trente pays de l'OCDE.

L'étude utilise le concept de pression fiscale nette ou "coin fiscal" pour mesurer la différence entre ce que les employeurs paient sous forme de salaires et de charges sociales, et ce dont les salariés disposent après impôts et déduction des cotisations de sécurité sociale, en tenant compte aussi des transferts en espèces accordés dans le cadre des programmes publics d’aide sociale.

Premier enseignement issu de cette étude, les prélévements fiscaux sur les salaires, dans l'OCDE, ont continué à décroître en 2005 ; la pression fiscale nette moyenne a ainsi diminué de 0,14% entre 2004 et 2005, pour s'établir à 37,28%.

Deuxième enseignement, la pression fiscale qui pèse sur les salaires reste très lourde en France ; notre pays supplante cette année la Suède à la quatrième du palmarès derrière la Belgique, l'Allemagne et la Hongrie.

  • Pour un couple marié avec deux enfants à charge et un seul salaire correspondant à 100% du salaire moyen, la pression fiscale est passée de 40,7% à 41,7% entre 2000 et 2005 (contre 27,7% pour la pression fiscale nette moyenne dans l'OCDE en 2005).
  • Pour un célibataire, la pression fiscale atteint 50% en 2005.

En pourcentage des coûts de main ­d'œuvre, le montant total des cotisations salariales et patronales de sécurité sociale dépasse un tiers des coûts totaux de main ­d'œuvre dans huit pays de l'OCDE dont la France, alors qu'il ne dépasse pas 25% dans la moitié des pays de l'OCDE.

En résumé, la concurrence fiscale tend à s'intensifier, exerçant une pression à la baisse sur les taux d'imposition ; et si la France a engagé des réformes pour améliorer son attractivité fiscale, il lui reste encore du chemin à parcourir.