A midi, comme tous les premiers mercredi du mois, les sirènes sonnent. Les uns pensent : tiens, déjà midi, d'autres : c'est vrai, c'est le premier mercredi. Combien se disent : et si c'était pour de vrai, s'il fallait vraiment gagner les abris ? Où sont-ils, d'ailleurs? Que devrais-je faire si ces sirènes sonnaient à neuf heures, un jeudi ? Et quels sont ceux qui se souviennent des sirènes de la guerre, d'il y a soixante ans? Y en a-t-il beaucoup qui pensent alors à la guerre et à la paix, tout comme les cloches des églises sont supposées nous relancer dans nos prières ?

Mais on peut aussi voir le sujet plus platement. A quoi servirait aujourd'hui une sirène ? Une bombe atomique sur Paris ne nous donnerait guère de chance d'atteindre un abri, et encore moins d'y survivre si nous l'avions trouvé. Quant au terrorisme, il ne se voit pas venir sur les écrans des radars et défie la prévention. Non, ces sirènes ne servent plus à rien. C'est si vrai d'ailleurs que l'on ne prend même plus la peine de faire des exercices d'évacuation, ni de signaler les abris. Et pourtant elles tournent… Ainsi chaque premier mercredi du mois, à midi, nous devrions nous demander à quoi sert cette dépense inutile, et pourquoi le responsable du budget qui la finance ne l'a pas supprimée. Tous les gaspillages ne hurlent pas aussi fort, alors les autres !