Le site Débat 2007.fr a été lancé pour créer un espace de discussions constructives, d'échanges d'idées sur le fond, et éviter que l'élection présidentielle à venir ne soit une nouvelle fois un choix dans l'urgence, un choix par défaut, comme ce fut le cas en 2002, lorsque la France a réélu Jacques Chirac avec plus de 80% des voix dans l'unique but de barrer la route à Jean-Marie Le Pen.

19H30, dimanche 21 avril. Ceux d'entre vous qui étaient devant leur télévision, attendant les résultats du premier tour, se souviennent peut-être de cette brusque fébrilité qui s'est emparée des rédactions : "nous ne pouvons pas vous dire ce qui se passe avant 20H00, mais il s'agit d'un séisme", déclaraient en substance les commentateurs. Des journalistes se précipitaient en renfort au siège du Front National, tandis que les militants de l'UMP et du PS, filmés sporadiquement par les télévisions, se demandaient, inquiets, si d'aventure, leur candidat - Jacques Chirac ou Lionel Jospin - n'était pas en train de rater la marche du deuxième tour.

Karl Zéro, le journaliste trublion de Canal Plus, osa même braver la loi en vendant la mèche quelques minutes avant 20H00, pour que les Français aillent barrer la route "en catastrophe" à Le Pen.

Résultats du premier tour : Chirac recueille 19,88 % des voix, Le Pen 16,86 % et Jospin 16,18 %.

A droite, comme à gauche, la France démocratique est atterrée. Comment en est-on arrivé là ?

En guise d'autocritique, Jospin déclare qu'il se retire de la vie politique (quelle combativité !), et les uns comme les autres se rejettent la faute. Chacun reste enkysté dans une posture politicienne. Malgré le coup de semonce de ce premier tour, les débats continuent plus que jamais à privilégier la forme et la formule au détriment du fond.

Mai dernier, deuxième alerte. Les Français votent contre la nouvelle Constitution européenne. C'est un "non" massif aux politiques français, à leur discours sentencieux, qui a permis à quelques opportunistes plus futés que d'autres - comme Laurent Fabius, partisan du non - de surfer sur la vague de mécontentement.

A un an de la nouvelle élection présidentielle, où en est-on ?

Parmi les raisons avancées pour expliquer le succès de Le Pen en 2002, les politologues citent la multiplication des candidats de gauche, la volatilité de l'électorat, l'abstention, le vote protestataire.

Or aujourd'hui, pas moins de 15 candidats sont déjà déclarés pour 2007. Parmi eux Jean-Marie Le Pen, Arlette Laguiller (LO) ou Bruno Mégret (MNR), tous présents en 2002. Et parmi les probables figurent, comme en 2002, François Bayrou (UDF) ou Olivier Besancenot (LCR).

Pour autant, doit-on s'attendre au deuxième tour à un nouveau match UMP/FN ou PS/FN, voire entre l'extrême droite et l'extrême gauche ?

Si Nicolas Sarkozy est le candidat unique de l'UMP (et à ce jour Dominique de Villepin a du plomb dans l'aile), son discours ni libéral (n'en déplaise à ses détracteurs de courte vue) ni conservateur, mais pragmatique (donc ni de droite ni de gauche, clivage d'ailleurs aujourd'hui totalement suranné), le portera au second tour.

Quant au PS, il semble aujourd'hui que Ségolène Royal soit la mieux placée. Encore faudrait-il que la reine des sondages se décide à entrer dans l'arène des idées de fond, car jusqu'à présent, "vouloir réconcilier la France avec sa jeunesse", ou "investir massivement dans l'innovation et la recherche" pour "diviser le chômage par deux en 2012", participe davantage de la méthode Coué que d'un véritable programme de gouvernement.

Or, il est urgent que le fond prenne le pas sur la forme et le courage sur la démagogie. Voilà pourquoi un site comme Débat 2007.fr est nécessaire. Reste à espérer qu'il devienne indispensable !