Le Premier ministre Dominique de Villepin misait sur les résultats de son gouvernement sur le front du chômage - avec la plus forte baisse mensuelle depuis cinq ans enregistrée fin mars - pour se relancer après la tempête du CPE... mais voilà que l'affaire Clearstream, véritable cyclone, s'abat sur lui.
Rien de commun à priori entre les deux "phénomènes". Mais à y regarder de plus près, un facteur similaire. Il est temporel : nous sommes à un an d'une élection présidentielle dont l'issue apparaît plus incertaine que jamais.
Villepin cherche à se défendre d'avoir ordonné en 2004 une enquête sur d'éventuels comptes occultes à l'étranger de son rival Nicolas Sarkozy, mais aussi de Dominique Strauss-Kahn, Alain Madelin et Jean-Pierre Chevènement. Tous se sont portés partie civile. Ambiance !
Selon le journal Le Monde, le général Philippe Rondot, alors spécialiste du renseignement au ministère de la Défense, l'aurait ainsi mis en cause auprès des juges chargés du dossier. Or le général Rondot lui-même dément dans certains médias cette version des faits, et s'estime "instrumentalisé".
Au sein de l'UMP comme à gauche, des voix s'élèvent déjà pour demander la démission de Villepin.
Dès lors, les regards se tournent naturellement vers le chef de l'Etat. Outre que son nom est également cité dans l'affaire, Chirac a intérêt à éteindre au plus vite l'incendie pour éviter que ses douze derniers mois à l'Elysée ne soient empoisonnés par cette "crise de régime", selon les termes de l'UDF François Bayrou. Pour l'enfant terrible du PS Arnaud Montebourg, il s'agit d'une instrumentalisation "au plus haut niveau" de l'Etat et il demande une dissolution de l'Assemblée nationale et des legislatives anticipées.
Qu'en est-il de cette "affaire Clearstream", que d'aucuns qualifient déjà de "Watergate français" ? En tout état de cause, une sombre histoire qui parle de la morale et du sens de l'Etat.
Et comme chacun - entendez chaque femme et homme politique - voit midi à sa porte, la perspective de Debat2007 (discussions sur le fond, rappelons-le !) semble aujourd'hui bien compromise.
Reste à espérer qu'au pays d'Astérix, le ciel ne nous tombe pas sur la tête, et que le cyclone Clearstream ne s'abatte sur la France, en ensevelissant l'essentiel : l'avenir, qui est pour le moment, encore et toujours, malheureusement, en second plan.