Nous dépensons de plus en plus d'argent, surtout public, pour notre santé, mais sommes-nous pour autant mieux soignés ?

Les dépenses de santé permettent de satisfaire des besoins très divers, du simple confort à la guérison des maladies graves, et il est difficile d'en mesurer l'efficacité. L'espérance de vie à la naissance est toutefois un indicateur synthétique relativement pertinent de cette efficacité, qui a au moins l'avantage de se prêter facilement à des comparaisons internationales.

Source : OCDE

Le graphique ci-joint met ainsi en relation les dépenses de santé, en dollars par habitant, et l'espérance de vie (hommes et femmes) dans les pays de l'OCDE en 2003. Il n'y a manifestement aucun rapport entre les deux : dépenser plus ne nous assure pas une vie plus longue ; ce serait même plutôt l'inverse.

Cette démonstration graphique est évidemment simpliste. L'espérance de vie n'est pas le seul critère de qualité des soins et elle résulte de multiples facteurs, pas seulement du montant des dépenses de santé, dont il faudrait mesurer les contributions respectives. Il existe toutefois de nombreuses études approfondies sur ce sujet qui utilisent les données les plus diverses et elles aboutissent presque toujours à la même conclusion : la santé n'a pas beaucoup de rapports avec les dépenses qui y sont affectées à partir du moment où elles ont atteint un niveau minimal dépassé depuis longtemps dans les anciens pays de l'OCDE (les pays en développement et en transition sont bien sûr pour la plupart encore loin de ce seuil).

Cette conclusion n'est pas spécifique au domaine de la santé et s'applique aussi à de nombreux types de dépenses publiques (éducation...). A partir d'un certain seuil, il n'est plus très efficace d'allouer des moyens supplémentaires à ces politiques.