Comme pas mal de Français, j'ai le rhume des foins. On n'en meurt pas, mais on en pleure pas mal, on en éternue beaucoup et pendant les mois de printemps, on offre à son entourage un spectacle qui n'est pas très appétissant. Heureusement, il y a des drogues qui limitent beaucoup les manifestations de cette allergie. Comme c'est une maladie dont on ne guérit pas, j'ai une longue fréquentation de ces médicaments. Pendant très longtemps, ils étaient en vente libre. Chaque printemps je retournais voir mon pharmacien pour acheter ma dose. Et comme je n'avais pas d'ordonnance je n'étais pas remboursé. Jusqu'au jour, il y a quelques années, où il devint nécessaire d'avoir une ordonnance pour acheter ces remèdes. Depuis, chaque année, je dois donc voir un médecin - premier coût pour la Sécurité Sociale - pour avoir une ordonnance, que je me fais maintenant rembourser - second coût pour la Sécurité Sociale.

Résultat de ce changement : plus de déficit pour notre chère Sécu. Du coup celle-ci a décidé de se montrer plus chiche dans son remboursement. Pour nous faire avaler la pilule (oui, c'est facile, pardon…), elle nous expliqua que ces drogues ne servaient pas à grand chose, argument qui ne peut convaincre que ceux qui n'ont pas le rhume des foins. En vérité, ce qui ne sert pas à grand chose, ce ne sont pas ces médicaments, c'est le passage obligé chez le médecin pour une affection de ce type.

La leçon de chose de cette histoire pourrait s'étendre à bien d'autres domaines : l'Etat crée toujours plus de règles. Ces règles ont un coût. Lorsque ce coût retombe sur l'Etat, il finit par essayer d'y échapper, ce que le citoyen, lui, ne peut faire. Les vraies économies ne consistent pas à reporter le coût sur le citoyen, mais à supprimer la règle coûteuse et inutile.