L'actualité politique et législative a été largement alimentée par le débat sur la deuxième loi sur l'immigration du quinquennat. Ce débat est à mon sens tronqué. En effet, en matière de régulation des flux migratoires, il est essentiel de ne pas oublier que l'on marche sur deux jambes : l'immigration certes, mais aussi l'émigration.

Il faudrait étudier les mouvements de populations non pas uniquement en comptabilisant les entrées/sorties, mais également en intégrant une valorisation économique de ces flux. Dans l'idéal en effet, il faudrait piloter la politique de flux migratoires par un objectif simple : obtenir un solde positif de création de richesses lié à ces mouvements de population. Malheureusement, l'émigration de nos forces vives génère une destruction de richesses extrêmement importante, et dans le même temps, la France n'attire aujourd'hui que peu de talents d'envergure mondiale.

Sur le plan politique, il est sans nul doute plus bénéfique de traiter du thème de l'immigration. Sur le plan de l'intérêt général, il faut surtout veiller à stopper l'hémorragie d'émigration subie de nos forces vives : chercheurs, enseignants de haut niveau, entrepreneurs. Même s'il est essentiel que ces personnes accumulent des expériences à l'international, il faut que celles-ci soient incitées à revenir sur le sol national. Les chiffres et les tendances sont particulièrement inquiétants ; une véritable diaspora française est en train de se créer.

Dans l'histoire récente de France, après la vague de décolonisation, on a pu constater que le retour forcé dans l'hexagone des populations "pieds-noirs" avait créé énormément de richesses et avait largement contribué à redynamiser l'économie. N'est-il pas temps de mettre un terme à l'exode que nous connaissons et de mettre en place des outils d'incitation au retour ?