Après l'épisode du C.P.E et avant la fin de l'année, la France risque d'obtenir le titre peu envié de championne d'Europe du chômage. En effet, les améliorations du marché du travail allemand, la poursuite d'une croissance de 4 % en Grèce et la baisse attendue du taux de chômage en Espagne devraient permettre d'attribuer ce titre à la France très bientôt et sans discussion (chiffres en février 2006 : Grèce 9,6 %, France 9,1 %, Allemagne 8,9 %, Espagne 8,7 %). Ces quatre pays sont actuellement les seuls en compétition. Bien que les raisons de cette situation soient multiples et pour certaines bien connues, il semble cependant qu'une liaison s'avère assez déterminante : c'est celle qui lie le taux de chômage et le taux de taxation implicite du travail (somme de toutes les taxes supportées par le revenu salarial : impôt sur le revenu, contributions des entreprises et des salariés et autres taxes).

Les chiffres publiés par la Commission Européenne et par la Caixa sont très clairs : plus le taux de taxation du travail est fort, plus le taux de chômage est élevé.

Dans l'Union Européenne, la charge sur les salaires est de l'ordre de 50 % supérieure à celle des Etats-Unis et du Japon. On notera que deux pays, l'Autriche et le Danemark, malgré un taux de taxation élevé mais cependant inférieur de 5 points à celui de la France, réussissent à avoir un chômage relativement faible ; de même, à moindre degré, pour la Suède.

Il apparaît donc impératif pour notre pays de réduire ce taux au moins au niveau de ceux de l'Autriche et du Danemark. Etant donné la sensibilité élevée ainsi constatée du chômage à la taxation, les marges d'amélioration du chômage pour un nouveau gouvernement français en 2007 semblent élevées. Le problème sera naturellement de financer la réduction des charges sur les salaires. Deux solutions, bien connues et déjà mises en oeuvre par les Etats qui ont réussi à diminuer fortement le chômage, existent :

  • le transfert des charges sur d'autres impôts (consommation ou capital) ;
  • la réduction des dépenses publiques et l'amélioration de la productivité de l'Etat.

La solution la meilleure pour la France serait la seconde, les taux de dépenses publiques étant également parmi les plus élevés des pays avancés. Selon les estimations de la Commission Européenne, une réduction des dépenses publiques de 1 % du P.I.B couplée à une réduction équivalente des charges sur salaires génèreraient un accroissement de l'ordre de 0,8 % à 1 % de l'emploi.