Par Netpolitique.net[1]

Il ne sera pas dit que l'UMP se laisse distancer dans la blogosphère. Le 12 juin, l'UMP a présenté "les blogs de la France d'après", ou plus exactement, le portail de la blogosphère UMP, sur lequel sont répertoriés les blogs des cadres, militants et élus du parti de Nicolas Sarkozy.

Loin de n'être qu'un simple annuaire, cette blogosphère sur mesure vise à fédérer les prises de parole militantes autour du "blog-amiral" du parti, contenant les dernières déclarations du président du mouvement, des vidéos d'actualités, et les interventions de membres connus et moins connus de l'UMP.

Le site est encore en rodage, mais la stratégie est claire : autant désirsdavenir.org est un forum consacré au débat d'idées, autant le portail de l'UMP est consacré avant tout au combat d'idées. En regroupant ainsi les sites et "blogs amis", l'UMP s'assure d'un maillage partisan serré qui, comme le montrent les études spécialisées, contribue à former une galaxie à forte densité, au sein de l'univers en expansion de la blogosphère politique.

Au cœur de cette blogosphère UMP, le blog amiral bénéficiera d'emblée de la caisse de résonance qu'apportent les blogs de fédérations et autres sites sympathisants ainsi rassemblés et prêts à relayer par cercles concentriques les messages du futur candidat. Ce faisant, l'UMP semble vouloir démontrer que les partis politiques, menacés d'obsolescence à l'heure des mouvements politiques virtuels, ont encore voix au chapitre sur internet pour mobiliser leurs adhérents et défendre leurs idées.

Comme le soulignait Versac, le parallèle avec la situation du parti démocrate aux Etats-Unis est croustillant : tandis que l'UMP annonçait cette initiative, la première convention des blogueurs politiques s'achevait au même moment à Las Végas. Réunissant près d'un millier de blogueurs autour du plus célèbre d'entre eux, Markos Moulitsas, cette première édition d'une convention unique en son genre aura attiré tout l'establishment du parti démocrate, désireux de s'afficher avec ce que l'on présente comme l'avenir du parti.

A l'UMP comme au parti démocrate américain, les candidats partagent finalement la même stratégie : ne pas se couper de sa base virtuelle, pour mieux la solliciter le moment venu.

Notes

[1] , le site des phénomènes politiques sur Internet et par Internet.