Il faut parfois se méfier des formules.

Est-ce bien raisonnable de laisser penser que les options sont des rémunérations garanties, une sorte de loterie dont tous les numéros seraient gagnants ? La réalité est moins simple : nombreux sont les plans d'options accordés en 2000 ou 2001 qui sont encore à un prix supérieur au cours de bourse. Les options ne sont qu'une opportunité. Au contraire, les attributions gratuites d'actions introduites dans la législation française par Edouard Balladur permettent d'atteindre tous les objectifs : une rémunération, une association aux profits futurs et la création d'un actionnariat salarié stable.

Changeons la formule en "des actions gratuites pour le plus grand nombre", mais ne nous faisons pas d'illusion : tout cela a un coût que les nouvelles normes comptables enregistrent désormais.

De plus, il ne faut jamais oublier que le développement de l'actionnariat salarié dépend de l'accord des autres actionnaires. Or il est une réalité dont il va falloir prendre la mesure: les fonds de pension, les investisseurs institutionnels, qu'ils soient français ou étrangers sont réticents face à un développement trop important de l'actionnariat salarié, que ce soit sous la forme des augmentations de capital réservées aux salariés, des options ou des actions gratuites.

Ainsi une société anglo-saxonne qui conseille pour leurs votes en assemblée générale les plus grands investisseurs internationaux considère que si l'actionnariat salarié potentiel (celui qui résulterait de la mise en oeuvre des résolutions proposées) excède 10 %, il convient de voter contre.

Nos politiques peuvent rêver d'un large actionnariat salarié, et c'est souhaitable, mais encore faut-il qu'il y ait des actionnaires prêts à voter, c'est-à-dire à prendre un risque de dilution.

La démocratie actionnariale a ses règles que la démocratie politique doit connaître.