Plus vous avez des revenus élevés, plus l'Etat vous donne de l'argent pour élever vos enfants.

Prenons un exemple : deux familles n'ayant pas d'enfants déclarent l'une 150 000 € de revenus annuels et l'autre 75 000 €. La première famille devra payer 32 255 € d'impôts ; la seconde famille paiera, elle, 10 149 €.

Au bout de quelques années, les deux familles se sont agrandies et ont maintenant trois enfants chacune, tout en ayant gardé les mêmes revenus. Combien l'Etat donne-t-il chaque année à chacune des deux familles sous forme de réduction d'impôts ? 8636 € à la première famille qui n'a plus que 23 619 € d'impôts à payer ; 5291 € à la seconde qui n'a plus que 4858 € d'impôts à payer. Le fait d'avoir trois enfants a donc fait "gagner" 3345 € de moins à la famille la moins riche qu'à la famille la plus riche.

Sans ouvrir le débat de savoir s'il est justifié que l'Etat donne de l'argent (sous forme de réductions d'impôts) à une famille ayant 150 000 € de revenus annuels sous prétexte qu'elle a choisi d'avoir des enfants (ces 8636 € sont bien pris quelque part dans le budget de l'Etat où ils pourraient peut-être être mieux utilisés qu'à payer les vacances à Courchevel des petits chéris), on peut naturellement s'interroger pour savoir s'il est légitime que le fait d'avoir des enfants rapporte d'autant plus à une famille que ses revenus sont élevés.

On peut concevoir qu'une politique nataliste apporte des aides directes (allocations familiales) ou indirectes (réductions d'impôts) aux familles qui en ont besoin. On peut concevoir, même si cela est discutable, qu'elle conduise à aider de manière égale toutes les familles ayant le même nombre d'enfants (cas des allocations familiales attribuées sans conditions de ressources).

Mais il est absurde et profondément injuste d'aider plus les familles ayant des enfants si elles sont riches que si elles le sont moins.