Quelles sont les voies d'amélioration de notre système d'enseignement scolaire ? Les internautes de Débat 2007.fr sont nombreux à mettre en avant l'impératif d'une meilleure orientation.

Revoir le système d'orientation

Dans une approche radicale, Ncreator propose une scolarité en alternance pour tous les lycéens : "On regroupe les grands secteurs industriels en sorte de pôles. Chaque classe va pendant un trimestre dans chaque secteur (...) A partir de là l'élève s'oriente dans la filière qui lui plait." (Page "En bref", Diagnostics et propositions, commentaire n°1). Tremplin, qui représente une association de tutorat d'élèves de lycées défavorisés par des étudiants de grandes écoles, souligne quant à lui la nécessité d'"une meilleure information sur les filières qui recrutent" (commentaire n°12). Pour Antoine, lycéen en classe de Première scientifique, il revient aussi aux enseignants de mieux motiver les élèves : "(leur) donner envie d'avancer, et non de reculer en (leur) filant sans cesse des remontrances et des interdictions" (commentaire n°3). Mais dans un billet intitulé Revaloriser l'enseignement professionnel : oui, mais comment ?, Serge Feneuille déplace le débat, en insistant sur la fluidification des parcours : "à mon sens, la solution ne se trouve pas dans le raffinement des modes d'orientation, mais dans la possibilité de passer facilement d'une filière à une autre, sans que cela soit ressenti comme un échec ou pire une condamnation."

Revaloriser la filière professionnelle

Dans le même billet, Serge Feneuille critique l'importance excessive qui est attribuée à la filière générale, aux dépens de la filière professionnelle. Pour revaloriser celle-ci, il suggère la création d'un "enseignement supérieur spécifique où pourraient entrer les meilleurs éléments issus de la filière professionnelle". Prolongeant cette réflexion, Mimi Siku (commentaire n°10) propose de réserver certains BTS et IUT d'excellence aux bacheliers professionnels. Au contraire, James Arly considère que l'excellence est déjà mise en avant dans les filières techniques. Au concours général, "on récompense autant de latinistes distingués que de tailleurs de pierre..." (commentaire n°1). Pour Marc B, réserver des BTS et IUT aurait pour effet de dévaloriser ces filières (commentaire 11). Thomas quant à lui a un bac STT. Furieux de s'être vu refuser l'entrée dans tous les BTS de sa spécialité, au profit des bacheliers de la voie générale, il rejoint Mimi Siku dans sa contestation de la prééminence des lycées issus de la filière générale : "en quoi serais-je moins bon pour un BTS Communication des entreprises qu'un littéraire qui n'a jamais pratiqué cette discipline ? (et pour qui le monde de l'entreprise relève d'une vaste philosophie !)" (commentaire n°19).

Une école injuste ?

Dans un billet intitulé Une école plus efficace pour une école plus juste, Jean-Pierre Boisivon met en regard l'impératif de justice sociale et l'impératif d'efficacité : "l'objectif de l'école, c'est d'apprendre, et c'est en atteignant cet objectif qu'elle peut générer de la justice." Sur le plan de l'efficacité, il cite les études de l'OCDE et d'autres évaluations, et conclut: "Il va falloir l'admettre, nous n'avons plus le meilleur système éducatif du monde". Vincent Champain, dans son billet Chômage des jeunes : et l'éducation ?, est moins alarmiste : tout en soulignant que "la France consacre à l'éducation moins de moyens que les pays comparables", il juge que "notre système éducatif n'est pas une "fabrique de crétins"" – pour reprendre le titre d'un récent ouvrage à succès. Pour lui, c'est moins le niveau en mathématiques que la "capacité des enfants de 15 ans à résoudre des problèmes (échelle PISA)" qui est l'indicateur pertinent pour mesurer la capacité des jeunes à entrer dans le monde du travail. Et sur ce plan, la France se défend bien.

Plusieurs blogueurs reviennent sur la médiocre efficacité du système éducatif, et son impact sur le plan de la justice sociale. Pour rendre l'école plus juste, André Cornil, auteur du billet intitulé Discrimination concurrentielle ou discrimination administrée, prône ainsi une mise en concurrence des établissements : l'école en serait plus efficace et donc plus juste, si les parents avaient eu la liberté d'inscrire leur enfant dans l'établissement de leur choix. Pour lui, "le mouvement est en cours" ; d'où "le succès grandissant des publications qui tentent un classement des lycées selon leur taux de réussite au baccalauréat…". Dans un commentaire à un autre billet de Jean-Pierre Boisivon, Pitr va plus loin et propose que l'Union européenne mette en place "le chéquier éducation, par lequel chaque citoyen décide ou non de faire verser" l'argent à l'école de son choix".

Pour Michel Morvan, la Panne d'ascenseur ? est à mettre sur le compte d'une culture égalitariste, qui empêche des enfants doués de progresser à leur rythme: "il ne viendrait à l'idée de personne (…) de limiter l'enseignement de la musique à une heure hebdomadaire, y compris pour les petits virtuoses, avec l'alibi qu'il faut enseigner la même chose à tout le monde." Dans les commenaires, Clic s'oppose à cette thèse : "j'ai un (très gros) doute sur le fait que l'échec scolaire des enfants de milieux défavorisé s'explique par la proportion d'enfants très doués qui s'ennuient." Duong met tout le monde d'accord en affirmant : "je ne pense pas que les capacités soient uniquement innées mais le fait est qu'en mettant des enfants prometteurs de milieux défavorisés dans des "bonnes classes", ils pourraient enfin recevoir la stimulation nécessaire qu'ils ne reçoivent pas de la même manière à la maison."

Fonder une politique de gestion des ressources humaines à l'Education Nationale

La critique du mode de fonctionnement interne de l'Education nationale parcourt plusieurs billets – et fait l'objet de plusieurs tribunes libres mises en ligne sur Débat 2007.fr. Dans un commentaire à la page "En bref" de la partie "Diagnostics et propositions", Cyrinx propose: d'"évaluer" les instituteurs: "Peut-être pourrait-on repérer les plus mauvais en comparant l'évolution moyenne des connaissances de leur classes chaque année ?". Dans un autre commentaire, SA ajoute : "Je crains fort que le statut d'enseignant ne soit le principal frein à la notion naturelle de performance attendue d'un système (...) Pourquoi ne pas (…) instaurer des contrats de 5 ans renouvelables et faciliter la mobilité "au mérite" plutôt qu'à l'ancienneté ?".