41 000 euros par ménage, soit 64,7% du PIB de 2004 : le montant de la dette nationale effare plusieurs des participants à Débat 2007.fr - qui, pour la majorité d'entre eux, s'expriment dans la partie "Diagnostics et propositions" du site. JP propose d'en calculer le montant par contribuable et non plus par ménage, puisque "c'est bien ceux-là qui en paient les intérêts et sur lesquels cette dette repose". Hauxxan rappelle que les Etats sont désormais en compétition fiscale pour attirer les entreprises et les professionnels de talent et pense que la France part avec un handicap à cause du poids de la dette. Celle-ci est plus lourde qu'il n'y paraît puisqu'il faut additionner la dette publique et le poids prévisionnel des retraites à verser.

Pour Eric, il faut relativiser : "le problème de la dette publique est un vaste mensonge économique" ; l'État, contrairement aux entreprises, peut "rester constamment endetté" mais surtout, le déficit public est aussi constitué d'infrastructures utiles. Utopies ajoute qu'une partie de la dette est composée d'investissements nécessaires. Agé de 23 ans il dit moins s'inquiéter "de la dette que je devrai rembourser que du fait qu'un petit pays comme Singapour se paie un centre de recherche en biotechnologie de 2 M de $ (…) alors que nos chercheurs français doivent quémander le moindre matériel…". Pour lui, il faut en priorité relancer la croissance et investir dans la recherche avant de vouloir réduire la dette.

Jolain estime qu'il est temps de "faire des coupes sombres dans les dépenses de l'Etat" et se réfère aux exemples réussis du Canada ou de la Suède : "que la dette puisse être imputée aux dépenses de santé et à l'indemnisation du chômage", oui, concède Djiheldé, mais pour lui elle vient surtout d'une "sous-productivité massive du secteur public".

Le plus choquant dans l'envolée de la dette publique tient au fardeau qu'elle laisse à la charge des générations futures. Vincent Champain, dans un billet intitulé Gestion de la dette: changer de paradigme pour assurer l'équité entre générations, estime que le débat est "faussé" car "il ne porte que sur le niveau de la dette et ignore la valeur des actifs de l'État". Avec une telle vision, l'Etat peut donner l'illusion de réduire sa dette en bradant son patrimoine ou en multipliant les artifices et les montages financiers. Mais c'est un habillage qui sacrifie au futur. "Ce qui compte vraiment, c'est que les générations actuelles laissent générations futures un deal équilibré – et non des retraites sous-financées, un patrimoine public dilapidé et des services publics exsangues". Il propose un audit des "engagements publics" à l'arrivée d'un nouveau gouvernement, engagements définis comme "dette + engagements futurs notamment de retraite – valeur du patrimoine, des actifs publics et des investissements pour l'avenir".

Dosto (dans un commentaire sur ce billet) distingue quant à lui trois types de dépense publiques : les dépenses de fonctionnement, qui doivent être réduite grâce à des gains de productivité, les dépenses liées à la redistribution, qui doivent viser un "équilibre financier juste", c'est à dire "soutenable entre les générations et à l'intérieur de chacune d'elles". Et enfin les dépenses d'investissements qui doivent suivre une logique d'entreprise : être rentables.

Michel Bon, de son côté, comptait sur la décentralisation pour responsabiliser les élus. Mais dans un billet intitulé Les collectivités locales sont sur une mauvaise pente, il fait part de sa déception après la publication des comptes des collectivités locales de 2005. Les dépenses, même décidées "au plus près du terrain", ont augmenté nettement plus que les recettes. Les frais de personnel des collectivités notamment ont grossi de 12%. Du côté des recettes, les élus ont peu augmenté les impôts directs (10,2%) mais se sont rattrapés sur les impôts indirects, plus indolores (+65%). Vincent nuance le constat : "oui les dépenses augmentent, oui les traitements des agents ont augmenté. Mais il ne vous a pas échappé que les compétences des collectivités ont été élargies". L'empilement des échelons crée néanmoins un certain gaspillage. Dans un billet précédent intitulé Qui dépense l'argent public ?, Michel Bon relève que la création des communautés de communes a été très coûteuse, car la structure des communes est parallèlement restée inchangée, avec ses coûts fixes. Marc Bourret, dans son commentaire, renchérit : "Si je loue l'intention de faire exister les petites communes, la manière de le faire est à proprement parler scandaleuse. (…) Le plus bel exemple même s'il a été abrogé reste celui du très contesté Georges Freche qui voulait rebaptiser la region du Languedoc Roussilon par Septimanie (coût estimé de la com' + panneaux… 100 millions d'euros)."

Quel a été l'effort structurel de réduction du deficit public en 2005 ?, se demande François Ecalle dans son billet. Il reprend des chiffres de l'INSEE indiquant que le déficit public est tombé de 3,7% du PIB en 2004 à 2,9 % en 2005, et montre qu'aucun effort structurel ne permet d'expliquer cette baisse (surtout liée au versement d'une soulte par EDF…). "Il reste un effort discrétionnaire de réduction du déficit de seulement 0,1 point de PIB", conclut-il. Il met en lumière un autre artifice dans un deuxième billet intitulé Comment augmenter les dépenses publiques sans les augmenter. "Le gouvernement s'est engagé à ne pas augmenter d'un euro les dépenses de l'Etat à partir de 2007 mais il faut bien aussi satisfaire les multiples groupes de pression qui ne cessent de réclamer à l'Etat plus d'aides…. Comment faire ? C'est très simple : il suffit de leur accorder les crédit d'impôt." Explications : "Ces "dépenses fiscales" (…) ne sont pas considérées par les comptables (…) comme des dépenses mais enregistrées en diminution des recettes fiscales et des prélèvements obligatoires"… En clair : elles n'apparaissent pas dans le montant de la dépense publique !