Après les recettes, les dépenses : comment contenir leur progression, voire organiser leur décrue, tout en modernisant l'Etat et en accroissant l'efficacité des services publics ? Les effectifs de la fonction publique n'ont cessé de gonfler depuis un quart de siècle : 700 000 fonctionnaires embauchés entre 1974 et 1981, rappelle Jolain dans un commentaire sur la partie Diagnostics et propositions, puis une nouvelle augmentation de 23,7% depuis 1982. La fonction publique absorbe aujourd'hui 44% du budget de l'Etat, limitant considérablement les marges de manœuvre. Une fenêtre d'opportunité s’ouvre aujourd'hui avec le départ à la retraite programmé de plus d'un tiers des fonctionnaires d'ici 2015. Si l'on ajoute à cela la mise en place de la Loi Organique relative aux Lois de Finances (LOLF), qui introduit une nouvelle culture de l'évaluation et de la performance, et l'introduction de nouvelles technologies, les conditions semblent aujourd'hui réunies pour engager une réforme de l'Etat.

Les obstacles restent certes nombreux. La première difficulté tient à la mauvaise information de l’opinion publique. "La moindre réformette est bloquée par la rue sur la base d'arguments économiquement faux. Comment faire ?", se demande Evain dans un commentaire (partie diagnostic). Tomtit, dans un autre commentaire, reproche à la presse française d'avoir passé sous silence une décision du gouvernement socialiste portugais qui a annoncé, au printemps, la suppression d'un tiers des organismes ou instituts d'Etat actuels, soit 187 administrations sur 518. Le gouvernement a défendu cette réforme en indiquant qu’elle ne visait pas à licencier des fonctionnaires mais à améliorer l'efficacité de l'administration...

Au-delà de la réduction des effectifs, la question principale est effectivement celle de l'efficacité du secteur public. Nombreux sont ceux qui voudraient que l’Etat s'inspire un peu plus de l'entreprise. Il ne faut pas privatiser le secteur public, précise Ncreator (dans un commentaire sur la partie diagnostic), "mais le gérer comme une entreprise : gestion du budget, des ressources, état du résultat et des objectifs atteints".



K.A insiste, lui, sur la nécessaire transparence de l'État et vante l’initiative de la "Campagne Liberté d'informer", qui réclame un libre accès à tous les documents administratifs. Rendre plus transparente l'administration permettrait de restaurer la confiance entre administrés et service public, tout en contribuant à une démarche de démocratie participative. Hauxxan, de son côté, dénonce le formatage intellectuel des élites formées par l’ENA mais se félicite de la mise en place d’Agences dont les dotations budgétaires sont désormais calées sur les résultats : cette pratique rompt heureusement avec les budgets de moyens reconduits à l'identique années après années.

Frédéric Monlouis-Félicité , dans un billet intitulé Réconcilier les citoyens et l'Etat : vers des services publics zéro défaut ne propose pas de "comparer à tout prix la France à une entreprise", ce qu'il qualifie "d'absurde", mais "d'ouvrir l'administration à la critique des citoyens en prenant en compte deux critères intimement liés : la qualité du service rendu et la satisfaction de l'usager". Pour ce faire, il propose la création d'un indicateur: "l'Indice de Satisfaction Citoyen (ISC), sur le modèle de l'American Customer Satisfaction Index (ASCI) en usage aux États-Unis", une consultation régulière des usagers et l'instauration d'une "culture de la performance". Il conclut: "la défense du service public chère à nos fonctionnaires devra se confondre avec le goût du service au public."

Toutfaux s'insurge contre cette critique de l'administration, qui sert de "bouc émissaire" et paie l'irresponsabilité des hommes politiques qui lancent projets et lois sans moyens ni cohérence. Frédéric Monlouis-Félicité estime pourtant que l'administration est la seule à pouvoir mener une politique de long terme comme la réforme de l'État, les hommes politiques restant en poste trop peu de temps. Tout dépend pour lui de l'adhésion des agents de l'État, garants ultimes de la bonne exécution et de la pérennité des actions. "La motivation des agents pour alimenter le moteur du changement viendra de ce miroir tendu par les citoyens à ceux qui les servent. Les moyens seront bien sûr indispensables mais n'oublions pas l'équation au centre de tout changement durable: Qualité = Efficacité X Acceptation".

Dans un billet intitulé Quand la règle dérègle, Michel Bon donne l'exemple amusant d'une nouvelle règle, aussi coûteuse pour l'État que peu pratique pour le citoyen : il ne peut plus se procurer son médicament contre le rhume des foins sans passer par un médecin, et son médicament est désormais remboursé. Deux dépenses pour la sécurité sociale qu'il juge inutiles. "Les règles ont un coût" conclue-t-il, critiquant ainsi un État trop prolixe en lois et décrets. Dans un commentaire, dosto nuance le propos : "on peut, en effet, déplorer des règles malheureuses parfois, qui créent des contraintes inutiles et alourdissent le budget de l'Etat et de la Sécu, mais le coût de l'absence de règles est parfois encore plus importants pour la collectivité et in fine pour l'Etat qui doit supporter les externalités négatives".