Les enjeux de l'assurance-maladie ont d'abord été traités, sur Débat 2007.fr, sous un angle financier : comment assurer la soutenabilité du système, alors que la dérive des comptes se poursuit ?

S'agissant du volet "recettes", l'idée d'une substitution de points de TVA à des prélèvements sur salaires est débattue à plusieurs reprises. Dans la page En bref des "Diagnostics et propositions", un échange nourri se noue entre Hervé, Kitty et James Arly. Partisan affiché de la TVA sociale, Hervé explique ainsi : "si les cotisations de Sécurité Sociale étaient assises sur le Hors Taxe des produits et services vendus en France (principe de la TVA), cette cotisation frapperait autant les produits "made in France" que les produits importés. Alors qu'actuellement, le coût de la Sécurité Sociale par le biais des salaires désavantage nos produits. Par ailleurs, nos exportations (qui sont facturées HT), verraient leur prix baisser du fait qu'elles supporteraient moins de charges sociales. Notre économie serait donc plus compétitive."

François Ecalle, dans un billet intitulé Assurance maladie : plafonner les franchises et tickets modérateurs en fonction du revenu, propose une double réforme : "Faire en sorte que au-delà de 2 % de leur revenu annuel, les assurés soient entièrement remboursés par l'assurance maladie". Cela permettrait d'augmenter le montant du ticket modérateur, sans créer d'injustice sociale, et donc de moins solliciter l'impôt. L'idée intéresse les internautes, qui en évaluent la faisabilité… Pour James Arly (commentaire 11), ce taux de 2% pourrait fluctuer : "nos amis Alsaciens en ont un comme ça, qui va et qui vient au gré de l'équilibre du régime". Pour Duong (commentaire 18), "l'avantage de la franchise, c'est d'introduire une part de calcul économique dans les comportements de médicalisation des ménages, qui n'est sans doute pas inutile même si elle ne doit pas être exagérée."

Bruno Erhard-Steiner s'intéresse aux dépenses dans son billet Affections de Longue Durée : les vraies raisons de la dérive. D'après la CNAM, relève-t-il, "depuis dix ans, le nombre de personnes prises en charge au titre des affections de longue durée a augmenté de près de 74 %. Et les dépenses de soins des patients concernés représentent, fin 2004, plus de 47 milliards d'euros, soit près de 60 % du total des dépenses remboursées d'assurance maladie." Précision de Cambacérès (commentaire 2), l'un des deux rédacteurs des Carnets de campagne de Débat 2007.fr : "l'ALD ouvre droit à remboursement à 100 % pour des affections qui n'ont rien à voir avec la pathologie qui a fondé l'ALD." Mais Didier relève que ces dépenses ne sont pas toutes imputées au budget de la CNAM : "certaines ALD comme l'infection HIV sont directement prises en charge par un budget spécial de l'Etat et ne pèsent donc pas sur le budget et le déficit de la CNAM."

Dans son billet Dépense publique et efficacité du système de santé, François Ecalle propose un intéressant tableau comparant dépense de santé et espérance de vie pour 11 pays. Conclusion de ce tableau: "Dépenser plus ne nous assure pas une vie plus longue ; ce serait même plutôt l'inverse." Constat auquel Guillaume oppose que "les dépenses de santé permettent aussi de vivre en limitant les inconvénients des maladies (incapacités, douleur...)" (commentaire 2). Dosto (commentaire 7) souligne que ce tableau "ne permet pas d'appréhender l'égal accès aux soins de qualité de tous." Mais tous semblent d'accord avec la conclusion de François Ecalle : "la plupart des dépenses de santé ont une grande utilité (…) mais, comme vous le remarquez tous, certaines ont une utilité totalement nulle, voire négative (prescriptions dangereuses) et je pense, sur la base des nombreux rapports sur ce sujet, qu'il y en a beaucoup et donc des économies importantes à faire." (commentaire 9)

Dans un billet Dix questions de santé pour un(e) Président(e), William Dab veut dépasser la question de l'assurance maladie pour se pencher sur les enjeux de la santé publique en général : inégalités sociales et territoriales de l'état de santé, vieillissement de la population, démotivation des professionnels de santé, importance donnée aux actes techniques des médecins, recherche et innovation…

Dans les commentaires, une proposition revient à plusieurs reprises : remettre en question la liberté des médecins de s'installer où bon leur semble. Ainsi MARK (commentaire 8) voudrait que "les médecins cessent de se gargariser avec leur statut de "profession libérale" alors qu'ils sont de fait à peu près complètement fonctionnarisés (…) et qu'en contrepartie, ils acceptent quelques petites règles du jeu, quant à la liberté d'installation et la liberté de prescription notamment." James Arly croit (commentaire 12) "bien plus à la responsabilisation des assurés-patients et malades eux-mêmes : quand en Alsace il y a épidémie de grippe, leur taux de cotisation augmente. Quand il n'y a pas, il diminue... Dans le reste de la France, il augmente en permanence...''.

Pitr (commentaire 19) lance un débat en proposant de "commencer par dérèglementer l'accès aux professions de santé, numérus clausus et autorisations d'installation (…) et permettre la libre implantation de médecins étrangers." Certains, comme Marc B (commentaire 20) et Nicolas, craignent que la qualité de la médecine s'en ressente. Nicolas insiste sur la nécessaire revalorisation des non-médecins : pour lui, la Finlande, le Danemark et le Japon s'en sortent mieux que la France car "dans ces pays, le rôle joué par les non-médecins est bien plus important. (…) Aux Pays-Bas, les sages-femmes ont un champ d'activité qui est quasiment celui de nos gynécos de ville : chez eux, il n'y a pas de pénurie de médecins et pourtant, ils sont beaucoup moins nombreux que chez nous !" (commentaire 39).