Drôle de pays, où il suffit qu'un trimestre connaisse une croissance un peu supérieure aux prévisions pour que la machine à promesses s'emballe. Ici, c'est le pouvoir d'achat qu'il faudrait augmenter, là c'est tel impôt qu'il faudrait baisser, voire supprimer. Malgré les efforts de pédagogie réalisés mois après mois, malgré l'unanimité autour du constat opéré par le rapport Pébereau, le monde politique reste tel qu'en lui-même. Il aime l'illusion.

A neuf mois des élections présidentielles, la machine à promesses fonctionne déjà à plein régime, et ce n'est qu'un timide début.

Tentons une proposition : toute promesse électorale devrait faire l'objet d'une étude d'impact économique et social signée par un expert, et toute promesse non accompagnée de cette étude devrait être disqualifiée par le débat et non reprise dans les médias. Il est quand même extraordinaire que le seul marché où l'on puisse encore faire des publicités mensongères, soit le marché le plus sérieux qui soit, celui qui va désigner nos dirigeants.

Dans le cadre d'une OPA ou d'une OPE, les acteurs ne peuvent diffuser des informations financières sans un luxe d'attestations.

En revanche, un candidat peut présenter un programme sans aucunement avoir l'obligation de démontrer son efficacité.

Bien sûr, on ajoutera que c'est le débat électoral qui doit normalement permettre de distinguer entre les promesses. Mais c'est ignorer le goût des candidats et des électeurs pour le rêve. Aucun n'a intérêt à briser le prisme d'une vie meilleure.

Cette proposition n'a certainement aucun avenir, elle interdirait de rêver !