Tous les spécialistes ont fait la même analyse : hors les questions de réglementations sociales, les charges fiscales et sociales sont le principal handicap français en matière de compétitivité. La décision prise en 1993 par Edouard Balladur d'alléger les charges sur les bas salaires a été saluée comme la mesure la plus favorable à l'emploi prise depuis vingt ans. C'est une mesure simple, d'application générale. Poursuivie par Alain Juppé, cette politique a ensuite été pervertie par les allégements liés aux 35 heures, largement compensés par des hausses du SMIC.

Promise par le Président de la République, la fin du processus de suppression des charges patronales au niveau du SMIC (il reste 2,1 %), annoncée par le Gouvernement, est une grande nouvelle. Réservée aux petites entreprises, dans un premier temps seulement espérons-le, elle sera efficace immédiatement en allégeant le coût des recrutements.

Cumulée avec la forte hausse de la prime pour l'emploi annoncée pour le 1er janvier 2007, cette mesure est réellement bienvenue car ces deux mesures sont les meilleures armes contre la trappe à la pauvreté et le chômage des personnes insuffisamment qualifiées.

La Cour des Comptes, lorsqu'elle critique ces dispositifs, se trompe de combat. Le sujet n'est pas de savoir s'il faut revenir sur ces allégements, mais éventuellement de les simplifier, sachant qu'à terme il faudra probablement transformer ces allégements en un abattement à la base qui supprimerait l'effet "frein à la hausse des bas salaires" qui est inhérent aux mécanismes d'allègement de charge actuels.

Mais ayons toujours en mémoire les données suivantes, publiées par l'OCDE, qui mesurent le poids des taxes et des charges rapporté au coût total du travail (pour un salaire égal à 67% du salaire moyen - données 2005) :

  • Corée : 15,6 %
  • Irlande : 19,9 %
  • Japon : 26,5 %
  • Etats-Unis : 26,7 %
  • Royaume-Uni : 29,9 %
  • France : 41,4 %

La bonne nouvelle, c'est l'évolution depuis 2002, puisque le pourcentage charges/coût du travail est passé de 47,4 % en 2002 à 41,4 % en 2005.

La France a aussi amélioré sa compétitivité fiscale puisqu'elle est désormais beaucoup mieux placée que l'Allemagne (46,7 %). Par rapport à la moyenne de l'Union Européenne (à 15), l'amélioration relative est spectaculaire, puisque pendant la même pétriode (2002-2005), le ratio charges/coût du travail au sein de l'UE est resté quasiment stable, passant de 38,3 % à 38 %.

La poursuite de cette politique est une bonne nouvelle. Il reste seulement à espérer que son financement n'induira pas de nouvelles charges !