Par Netpolitique.net[1]

"Elle est où la souris ? Où je clique ?" : ce militant quinquagénaire, penché sur le MacBook blanc de la cyber-caféteria de l'université des Jeunes Populaires fait figure d'exception. Les autres ordinateurs qui l'entourent sont monopolisés par de jeunes militants très à l'aise avec "le mulot" et pas mécontents pour certains de s'extraire des assemblées plénières pour consulter leurs mails, mettre à jour leur blog, ou en créer un gratuitement, aux frais du parti. Selon l'UMP, environ 90 blogs auraient ainsi été créés au cours de son Université d'été.

Pour autant, on ne se presse pas au portillon des ateliers "diffuser nos convictions" et "militer avec son blog". "Ca démarre doucement mais sûrement" nous confie un des organisateurs de ce cyber-café politique, présent pour aider les militants qui le souhaitent à ouvrir leur blog sur la plateforme de l'UMP. "Tout le monde ici sait ce qu'est un blog. Beaucoup en ont déjà un". Autant dire qu'on ne la leur fait pas, à ces jeunes militants. C'est à la hiérarchie du parti qu'il revient aujourd'hui de prendre le train en marche.

Même constat au PS et à l'UDF qui, lors de leur université d'été respective, ont également proposé des formations analogues pour "développer une communication de campagne Internet rapide, efficace et peu chère" à l'aube d'une campagne présidentielle qui pourrait se jouer en partie sur internet. L'UDF devait notamment organiser une session spécifique pour ses cadres et élus en perspective des élections législatives, considérant avec lucidité que les blogs auront certainement davantage d'impact au niveau local qu'au niveau national.

Pour Thibault, jeune animateur des formations internet de l'université des Jeunes Populaires, le blogging n'est cependant pas la meilleure façon de faire connaître les idées de son idole, Nicolas Sarkozy, sur la toile. "Il y a deux écueils avec les blogs partisans. On les lit principalement entre soi, l'effet en est donc limité. De plus, il y a en a tellement qu'en dehors des blogs officiels, les arguments présentés sur les blogs personnels sont très passionnels, et parfois peu raisonnés. Ce n'est pas convaincant, parfois agressifs et ça ne donne pas forcément envie de voter pour lui".

Thibault préfère ainsi recommander aux jeunes qui participent à sa formation de contribuer aux échanges sur les sites-médias participatifs (Agoravox, Wikio, Wikinews…), en soulignant toutefois l'importance de respecter les règles élémentaires du débat en ligne. Membre actif de "Génération Sarkozy" sur DailyMotion.com, il mise avant tout sur la vidéo et les sites de partage de vidéos pour aider à diffuser les idées de l'UMP et fédérer les jeunes. "C'est facile à mettre en ligne. En 2002 ça n'existait pas. Ca peut jouer un rôle en 2007".

Notes

[1] , le site des phénomènes politiques sur Internet et par Internet.