D'une caricature à l'autre, tout n'est pas permis au monde des arguments de séance.

Menacer (à gauche ou à droite) les stock-options d'une suppression, c'est imaginer que la France pourrait vivre en circuit totalement fermé, mais rester suffisamment attractive pour attirer les dirigeants de talents venus d'autres horizons, ou pour retenir les grands dirigeants d'origine française.

Quelque amour et quelque optimisme que chacun d'entre nous éprouve pour son pays, penser que les meilleurs acceptent d'y venir ou d'y demeurer pour de seules raisons de principe confine à l'aveuglément.

Proposer de légiférer, c'est négliger l'impact négatif que ce mot peut avoir à l'extérieur, auprès des observateurs de notre pays, déjà réputé, à tort ou à raison, fort tracassier avec l'entreprise.

A l'opposé des slogans, et bien sûrs conscients des excès ou des scandales, les professionnels de l'entreprise (qui octroient les stock-options) et les autorités financières (qui pourraient en contrôler mieux encore le fonctionnement, en prenant elles-mêmes des engagements de contrôle) n'ont d'autre choix que le sérieux et la vigilance.

Les garde-fous existent déjà ; ils peuvent être améliorés et adaptés, notamment en tenant mieux compte des pratiques des différents pays, des différentes places financières et des différentes époques ; mais que ceux qui en appellent à la loi pour "bénéficier" de son manteau (dont on connaît bien les replis : discussions abstraites et interminables autour de seuils, de durée et de plafonds) ne se fassent pas d'illusions : le pays y perdrait, hélas, beaucoup plus que les quelques excès qui, "re-hélas", ne manqueront pas de surgir.

Acceptons d'être ici dans la simple moyenne. Ce sera déjà beaucoup.