Il paraît qu'on assiste actuellement à un engouement inégalé des Français, et des jeunes en particulier, pour le poker. Les cercles se multiplient comme des petits pains, le poker explose sur internet et à la télévision. Qualifié de "jeu de stratégie" par le uns, de "dangereux jeu de hasard et de bluff" pour les autres... le poker devient un fait de société. Je vous rassure, je n'entrerai pas dans ce débat (bien qu'ayant ma petite idée sur le sujet !).

Mais cela m'a fait penser à la situation politique française actuelle où à gauche, comme à droite, à quelques mois de l'élection présidentielle, je constate que "rien ne va plus" et que "les jeux ne sont pas faits".

On croyait Nicolas Sarkozy seul candidat possible pour l'UMP et seul capable de battre à gauche celle qui s'impose dans les sondages, Ségolène Royal... Cela fut le cas pendant longtemps. Mais un léger vent semble s'être levé sur cette campagne morne et terne.

Depuis le retrait de Lionel Jospin et Jack Lang à gauche, nous attendons de véritables débats entre les trois candidats déclarés du PS, Ségolène Royal (experte en "désirs d'avenir"), Dominique Strauss-Kahn (dont l'expérience internationale et économique est incontestable) et Laurent Fabius (ancien Premier ministre). La compagne de François Hollande reste pour le moment en tête des sondages, mais son avance s'est légèrement effritée. A suivre, donc.

Plus intéressant encore, ce qui se passe à l'UMP. Le patron du vaissseau-navire UMP semble largement favori pour représenter son parti à la présidentielle. Pourtant des voix s'élèvent, çà et là, parmi les militants, mais aussi parmi les Français, toutes opinions confondues. Ceux qui en ont assez que le besoin de plus de sécurité en France se soit transformé en politique sécuritaire autocratique voire totalitaire.

Ces gens-là sont comme vous et moi, des Français souvent râleurs, rarement contents, mais avant tout épris d'équité. Ils aiment que les problèmes soient pris à bras le corps mais pas que les décisions frisent le despotisme, ou tant qu'à faire... ils votent Front national.

Voilà pourquoi, personnellement, je crois volontiers Michèle Alliot-Marie, lorsqu'elle dit qu'elle entend de plus en plus de sympatisants lui demander de se présenter à la présidentielle. Elle est une femme, certes. Et les esprits obtus pourront se dire que c'est une qualité pour faire jeu égal avec Ségolène Royal. Quelle erreur ! Alliot-Marie est avant tout une femme qui a occupé et occupe encore une fonction ministérielle traditionnellement dévolue aux hommes, la Défense, où elle excelle. La Défense est au carrefour entre la protection des ressortissants français, les questions internationales, l'économie et le social (la Défense est le premier recruteur de France), l'éducation (formation des jeunes militaires), etc. Soyons sérieux, cela n'a rien à voir avec l'expérience ministérielle de Ségolène Royal, ni même... de Nicolas Sarkozy.

Comme tous les politiques, Michèle Alliot-Marie cherche à plaire, mais pas comme les femmes politiques (en arborant comme Ségolène Royal une veste blanche "signe de pureté", par exemple, et un sourire figé valable - comme le discours de Pierre Dac - en toutes circonstances). Non, MAM est une femme qui aime plaire pour elle-même, pour ses idées. Sa spécificité: une réserve gracieuse, un regard chaleureux derrière des lunettes sévères, une féminine non féministe.

Ira-t-elle, n'ira-t-elle pas ? Une chose est sûre, elle a le sens du devoir et elle ne cassera pas une dynamique gagnante à l'UMP par ambition personnelle. C'est sans doute un des traits majeurs qui la différencie de Nicolas Sarkozy et de tant d'autres. Mais si elle a ses chances, elle foncera.

Et si elle devenait Présidente de la République, j'avoue que dans le contexte international explosif que nous vivons, je serais plus tranquille que si la locataire de l'Elysée était... Royale.