1,5 pour 1. C'est, en gros, la part des emplois créés depuis 20 ans dans le domaine public comparée à celle du domaine privé. Sur les 2 150 000 postes de travail créés pendant cette période, 1 250 000 relèvent du domaine payé par l'Etat ou les collectivités publiques.

Comme la France est déjà l'un des tout premiers pays au monde par la proportion de l'emploi "public", plus cette masse augmente, plus les problèmes des financements publics et par ailleurs des retraites des fonctionnaires ou assimilés se compliquent.

Mais les gouvernants veulent à tout prix "sauver l'emploi" et agissent comme s'il dépendait d'eux qu'il soit bon (ils s'interrogent moins sur le fait de savoir s'ils peuvent être responsables de son déclin). N'ayant pas de baguette magique pour y parvenir, ils n'hésitent pas à recourir aux budgets publics. Autrement dit, ils chargent les frais généraux dont tout le monde devrait savoir qu'ils sont dangereux quand ils s'accroissent plus vite que l'activité.

Ce constat devrait être l'un des vrais débats électoraux. Il n'est pas le seul. En voici quelques exemples :

  • Le recul. Le produit intérieur brut français par habitant augmentait en moyenne de 2,5 % par an entre 1970 et 1980, de 2 % entre 1980 et 1990, de 1,6 % entre 1990 et 2000, de moins de 1 % entre 2000 et 2005. A ce taux, les frais généraux du pays (dépenses publiques et sociales) ne sont couverts que partiellement.
  • Le retard. Entre 1980 et 2000 le taux de progression du produit par habitant dans le monde est passé de 1,4 % par an à 2,3 %, plus qu'en France. Le monde accélère. La France ralentit. Nous exportons moins. Nous importons beaucoup plus. La croissance de la consommation n'entraîne plus d'emplois productifs en France.
  • L'erreur. Les gouvernements successifs prétendent supprimer le chômage au lieu de promouvoir le vrai remède, l'environnement propice à la croissance. Les jeunes entrent tard sur le marché du travail. Les "seniors" en sortent beaucoup plus tôt que dans la plupart des pays. La durée du travail hebdomadaire française est l'une des plus faibles du monde. Dans ces conditions il ne faut pas être surpris par l'importance du chômage "privé".
  • La priorité. L'emploi est une résultante. La priorité est d'arrêter le recul de notre compétitivité. Beaucoup d'entreprises françaises sont performantes parce qu'elles travaillent largement sur les marchés mondiaux. En revanche l'économie française, du fait des surcoûts publics, n'est pas assez performante. Cela se traduit par une baisse des exportations, c'est-à-dire du travail effectué sur le territoire en direction de l'extérieur. Nos parts de marché mondiales sont tombées de 6,1 % à 4,7 % en 15 ans. S'il n'y avait pas l'euro, le franc aurait dégringolé.
  • L'avenir. Il est nécessaire de mobiliser les forces de travail et la créativité. Les rigidités figeant l'emploi jouent contre lui. Pour renouer avec la croissance il faut innover, lancer de nouveaux produits et services, améliorer ceux qui existent, préparer l'avenir au lieu d'essayer de consolider le passé.