Qu'il s'agisse des programmes d'économie sociale des lycées ou des publications des clercs de l'anticapitalisme (voir L'Antimanuel d'économie I et II de Bernard Maris), nous mettons en France la charrue avant les bœufs.

Autrement dit, nous avons une vision psychologique, politique et sociale de l'économie avant d'en expliquer les bases, le b-a ba, à commencer par la loi de l'offre et de la demande par exemple.

Cette approche de l'économie est justifiée, aux yeux de ses promoteurs (par exemple les auteurs des programmes scolaires), par les travaux les plus récents d'économie, qui font effectivement intervenir la psychologie et la sociologie des comportements. Certains de ces travaux ont valu le prix Nobel à leurs auteurs. Ce qui donne une apparence de respectabilité académique à des choix à l'origine politiques.

Mais approcher l'économie sous ce seul angle sans avoir donné des bases analytiques d'abord est un péché contre l'esprit. C'est comme si on enseignait la physique en commençant par la mécanique quantique et la relativité généralisée, voire en s'y arrêtant, sans donner d'abord aux étudiants des bases de thermodynamique, d'électromagnétisme et de mécanique rationnelle.

De même qu'une telle approche de la physique rendrait impossible la formation de chercheurs ou d'ingénieurs, notre approche de l'enseignement de l'économie est désastreuse pour ses victimes, les lycéens et les étudiants. Sans parler des hommes et femmes politiques et de leurs électeurs...