40 € : c'est le supplément d'impôt sur le revenu entre 2001 et 2005 payé par la moyenne des foyers imposables. Le chiffre global par foyer est passé de 3274 € à 3314 €.

Le gouvernement annonce des baisses d'impôt. Trois séries de remarques peuvent être faites à cet égard.

  • La masse de l'impôt sur le revenu varie beaucoup en fonction de la conjoncture. Elle était de 52 658 millions d'euros en 2001, de 50 532 en 2002, de 54 186 en 2005. En conjoncture faible les baisses "mécaniques" d'impôt sont plutôt mauvais signe. Les baisses d'impôt sont positives quand elles interviennent en période de bonne conjoncture.
  • Il peut y avoir baisse d'impôt sur les revenus et accroissement des prélèvements obligatoires. L'ensemble (Etat, sécurité sociale et collectivités régionales et locales) était de 43,1 % du PIB en 2002 et devrait s'élever à 44,3 % en 2006. Cela montre une fois de plus que les politiques vraiment courageuses de réduction des prélèvements consistent d'abord à maîtriser, et si possible réduire, les dépenses. Or le même gouvernement qui annonce pour l'an prochain une réduction d'impôts multiplie les effets d'annonce sur les dépenses nouvelles (à partir de quelles ressources ?). Et par ailleurs depuis des années les débats budgétaires se déroulent comme si les impôts d'Etat étaient les seuls. Or ce sont surtout les autres prélèvements qui augmentent.
  • Comme dans de nombreux pays le rythme d'augmentation des revenus tirés du patrimoine est actuellement plus fort que celui tiré des revenus salariaux (en moyenne). On peut prévoir que les débats politiques seront, en France notamment, fortement influencés par cette réalité. Les revenus du capital, longtemps comprimés ont repris des couleurs. La pression salariale longtemps dominante s'est réduite (beaucoup plus en France dans le secteur privé que dans le secteur public). Les revendications ne manqueront pas pour inverser la tendance. Mais il y a fort à parier qu'elles seront plus visibles dans le secteur public où elles sont pourtant moins justifiées que dans le secteur privé. Contrairement au discours souvent tenu par une bonne partie de la classe politique française, y compris en dehors de la gauche, le vrai débat sur le prélèvements n'est pas entre les "riches" et les "pauvres", où des transferts sont nécessaires, mais à l'intérieur de la population, entre ceux qui ont l'habitude de frapper à la porte du Budget comme s'il était inépuisable et ceux dont les revenus sont directement dépendants des activités marchandes.