A la lecture de l'ouvrage ''C'est possible ! Voici comment'', il me semble bien ambitieux d'essayer d'intégrer les préoccupations environnementales dans l'agenda de l'Institut de l'entreprise (et de Débat 2007.fr), concentré largement sur la dette publique. Et pourtant…

L'Institut pourrait-il s'intéresser aux taxes sur les émissions de gaz à effet de serre ("taxe carbone"), par exemple, de nature à prévenir le changement climatique ? Aux taxes aux frontières pour que les mesures contraignantes du type "marchés de quotas" n'aient pas des effets désastreux sur la compétitivité de l'industrie européenne soumise à concurrence internationale ?

Certes, les taxes sur la pollution ne sont pas faites pour apporter des ressources à l'Etat, mais elles en rapporteraient sans aucun doute pendant un certain temps compte tenu des volumes d'émission en cause (6 tonnes par an et par Français). Déplacer la fiscalité du travail sur l'énergie fossile est une partie de la solution, et l'Institut de l'entreprise pourrait utilement se pencher sur ce thème.

Les études disponibles, encore rares, montrent qu'une contrainte carbone, quelle qu'en soit la forme (quotas ou taxe) change les valeurs relatives des biens et services, mais n'oblige aucunement à retourner à l'âge de pierre : les imaginations et les entreprises sont stimulées par ce changement, ce qui augmente l'efficacité énergétique, et l'ajustement de l'économie se fait sans la crise que tous redoutent, et sans grand dommage pour le développement.

Le rapport Stern est le premier à avoir publié un calcul de cet effort à faire ; il commence à y en avoir d'autres, et ceci devrait encourager les entreprises à avancer dans cette direction, et se préparer aux changements dans ce sens prévisibles au niveau mondial. L'économie ne peut se réformer sans une contribution très large et dynamique des entreprises. D'ailleurs, les premières à le faire auront un avantage concurrentiel sur les autres…