Par Netpolitique.net[1]

L'équipe de net-campagne de Ségolène Royal organisait ce weekend un meeting politique inédit, réunissant des blogueurs socialistes et ségolistes venus des quatre coins de France. Au cours de cette réunion, les missi dominici 2.0 ont pu échanger librement avec les responsables de la net-campagne socialiste pour préparer la dernière ligne droite jusqu'au scrutin.

A cette occasion, chacun s'est vu remettre la carte du "Ségoland", soit une carte de l'Hexagone représentant la géolocalisation précise de près des 1044 sites et blogs locaux répartis sur l'ensemble du territoire et leurs liens réciproques. Objectif : montrer que la net-campagne, loin d'être cantonnée au monde virtuel, se concrétise désormais en un maillage dense et étroit de l'ensemble du territoire.

Au PS comme à l'UMP et à l'UDF, la net-campagne s'est ainsi progressivement enracinée dans chaque département, dans chaque canton, au sein duquel chaque blog peut jouer un rôle d'antenne-relais, pour décentraliser et démultiplier la campagne de terrain.

Chacun des trois partis, UMP, UDF et PS, a ainsi mis en place des mash-ups de Google Maps permettant aux militants de s'inscrire directement pour faire connaître une action, rentrer en contact avec des comités voisins, et organiser une réunion ou un tractage par ce biais. Signe des temps, nous assistons sans doute à la première campagne de proximité organisée via des images satellites…

Cet enracinement de la net-campagne ouvre un autre débat que la fièvre de l'immédiat et l'horizon semble-t-il indépassable du 22 avril nous empêchent de percevoir. Ces nouveaux réseaux qui jalonnent le territoire ne disparaitront pas au lendemain du second tour. Ils seront également mobilisés, ou se remobiliseront d'eux-mêmes pour les législatives, et peut-être au-delà, pour les prochaines élections locales.

En donnant autant d'outils, de moyens de coordination autonomes à leurs militants pour conquérir le pouvoir, les états-majors des partis pourraient bien être en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis sans s'en rendre tout-à-fait compte. Il n'est pas anodin de constater par exemple que sur la cartographie de Ségoland, dans la légende, les sites/blogs affiliés à Désirs d'Avenir font quasiment jeu égal avec le PS.

Une fois la campagne terminée et quel(le) que soit l'élu(e), qui peut croire que ces nouveaux adhérents, ces nouveaux e-militants venus à la politique par le biais des nouveaux médias s'en iront comme ils sont venus ? Le prochain président, le prochain gouvernement, la prochaine Assemblée pourront-ils défaire ces réseaux comme on coupe le courant d'un circuit électrique ? Devront-ils - pourront-ils - apprendre à gouverner avec eux ? Reste à espérer pour les états-majors politiques concernés qu'ils ne se retrouveront pas ligotés par ces réseaux qu'ils auront patiemment tissés.

Notes

[1] , le site des phénomènes politiques sur Internet et par Internet.