Comme il est normal en période électorale, certains candidats font des promesses coûteuses sans se préoccuper vraiment de leur financement. Il arrive cependant que des hommes politiques "qui n'aiment pas les riches" affirment la nécessité de les financer par l'impôt. D'autres moins démagogues demandent, plus modérément, qu'on réhabilite l'impôt.

Ceux et celles qui ne paient pas l'impôt (ou croient ne pas en payer car ils paient au travers de la TVA notamment mais ne le "sentent" pas) sont certainement favorables à l'impôt élevé sur les revenus ou la fortune. Ceux et celles qui le paient ne sont pas nécessairement partisans de leur suppression, même s'ils ne sont pas hostiles à leur allégement. Mais ils posent le problème autrement : faut-il en permanence remettre de l'argent dans des structures défaillantes ou inadaptées ou mal gérées ? Comment mieux utiliser l'argent public ? Ainsi pour les dépenses de la recherche publique. Si elles sont conçues dans un cadre qui incite les chercheurs à hisser la recherche française au niveau mondial, elles sont nécessaires. Si elles le sont pour flatter l'exception ou la vanité françaises le sont-elles vraiment ? De même pour la formation. On sait que la France dépense plus par élève du premier cycle que pour les étudiants. Est-il certain qu'il n'y ait pas quelques économies à faire de ce côté pour opérer des transferts ?

Le contribuable entend parler de décentralisations mais constate fréquemment qu'elles ne conduisent pas nécessairement à des économies au niveau parisien alors qu'elles entraînent des dépenses au niveau régional ou local. Il s'étonne aussi de l'accumulation des structures, locales, départementales, régionales, nationales, européennes. Il note également au fur et à mesure que les dépenses sociales "descendent" vers les communes ou les départements, que si certaines sont justifiées, d'autres entraînent des abus.

On peut allonger la liste des questions. Elles relèvent toutes d'une approche générale, celle de l'esprit de productivité (faire plus et mieux avec moins),qui devrait régner partout dans les administrations, comme dans les entreprises. Est-ce bien le cas ? Payer l'impôt – y compris celui de la jalousie qu'est l'ISF – certes, à condition que l'on cesse de dire "le département, ou l'Etat, financent tels travaux ou remplissent tels rôles", mais "grâce aux contribuables, le département ou l'Etat, etc." Sinon bien des gens et surtout des candidats prometteurs finiront par croire ou faire croire que l'argent tombe des nuages, comme la pluie.