S'il est vrai qu'à plus de 34%, le taux d'impôt sur les sociétés français se situe au-dessus de la moyenne de l'OCDE, plus proche de 28%, et au-dessus de celle de nos voisins immédiats, la baisse de l'impôt sur les sociétés ne saurait être une priorité.

La France n'a d'abord pas les moyens budgétaires pour cela: la situation de notre endettement est telle que nous ne pouvons prendre le risque de creuser encore plus le déficit budgétaire. Et même si on pouvait en prendre le risque, les 7 à 8 milliards d'euros que cela coûterait au budget de l'Etat seraient mieux utilisés ailleurs.

Quant à abaisser le taux de l'IS contre une suppression de certaines niches fiscales pour ne pas faire perdre de recettes à l'administration fiscale, ce serait concevoir un remède pire que le mal. Le pire serait bien d'adopter dans la précipitation le 1er juillet prochain une loi de finances rectificative qui supprime sans concertation aucune, ni évaluation sérieuse, les avantages du système fiscal français- à savoir, le système d'amortissement accéléré ainsi que la déductibilité des frais financiers, qui sont tout deux de véritables aides à l'investissement. Ou encore le crédit d'impôt recherche utilisé par de nombreuses entreprises.

L'attractivité de la France pâtit davantage de ces changements permanents des règles fiscales qui rendent les investissements hasardeux, que de l'écart des taux de l'IS entre les pays européens. S'il y a une priorité en matière d'impôt sur les entreprises, c'est plutôt là qu'elle se situe : stabiliser d'urgence le système, supprimer les innombrables petites taxes pour accroître sa lisibilité, et surtout poursuivre l'amélioration des relations entre l'administration fiscale et les entreprises.