Une fois franchie l'élection du 6 mai, il faudra préparer les législatives. Le Président ou la Présidente aura à former un gouvernement qui préfigurera la majorité sur laquelle il ou elle pourra s'appuyer. Très rapidement il s'agira de fixer des orientations et peut-être plus encore d'imprimer un style d'action. En voici quelques exemples.

Notre avenir est très étroitement lié à celui de l'Europe. Laquelle ? Pour quoi faire ? Madame Merkel, pour quelques jours encore Présidente de l'Union Européenne, propose un essai de reprise des discussions sur l'organisation européenne. Que déciderons-nous ? Choisirons-nous la voie anglaise, le marché dit commun et rien que le marché ? Ou celle que nous avions presque inventée, l'Europe confédération d'un nouveau genre ? Mais comment nous y prendrons nous pour nous faire entendre alors que depuis quelque temps personne ne nous écoute vraiment ?

Notre avenir est également lié aux négociations de l'OMC sur les échanges internationaux. Avons-nous un programme d'action et choisirons-nous vraiment le progrès des échanges régulés par des disciplines s'appliquant à tous les signataires ? Irons-nous, selon un rapport officieux mais original, jusqu'à proposer la suppression de certaines subventions agricoles notamment pour les céréales, ce qui donnerait aux exploitations françaises un sérieux avantage compétitif ?

Très rapidement aussi seront à confirmer des décisions qui engagent l'avenir à long terme, choix du nucléaire comme l'une des sources importantes de notre alimentation en énergie ou non, précisions sur les orientations à donner à notre politique de défense, dans quel cadre, européen, atlantique, ou autonome ?

Dans le domaine économique les deux candidats ont émis des critiques contre l'euro. A supposer qu'elles soient fondées, ce qui est loin d'être évident, et acceptées par nos partenaires, reviendra-t-on au franc, au mark, à la lire, etc. Ou voudra-t-on autre chose, mais quoi ?

Les entreprises, surtout les petites, sont l'objet en paroles de beaucoup de sollicitude. Mais pour appuyer vraiment les efforts qu'elles peuvent accomplir il faut qu'elles sentent que les gouvernants à venir les considèrent comme acteurs à part entière et non comme des supplétifs des administrations, fussent-elles locales et décentralisées. Au demeurant, il serait curieux de ne pas promouvoir l'action des grandes entreprises qui jouent généralement un rôle de locomotive. Esprit d'innovation, recherche privée et publique, progrès de formation à tous les niveaux y compris au niveau supérieur, autant de champs d'action où on ne peut pas espérer des résultats instantanés mais où les orientations doivent être visibles et durables.

Bien entendu le développement durable est à prendre en compte, sérieusement, non pas en fonction des humeurs de quelques passionnés, mais des défis qui s'imposent, à savoir comment lutter contre toutes les raretés sans faire le procès de la croissance ?

Enfin, mais la liste pourrait être plus longue, quelle sera l'attitude des prochains responsables pour mettre fin aux excès de certaines corporations qui au nom du droit syndical dont elles détournent le sens au détriment du public (alors qu'elles se réclament du service public), multiplient les grèves dont personne ne parle plus tellement elles sont fréquentes et préparent un "troisième tour social". Au nom de quel type de démocratie ? Petit thème dira-t-on en regard de ceux qui précèdent, mais les citoyens ordinaires ont le droit d'attendre de l'Etat et de ses dépendances qu'il remplisse son rôle et non qu'il soit annexé par des minorités, même si elles se parent des vertus des "droits acquis".