2,5 milliards, c'était le chiffre de la population mondiale en 1950. C'est celui de l'augmentation prévue de la population mondiale entre 2005 et 2050, où elle passera de 6,5 milliards à un peu plus de 9.

Quel que soit le prochain(e) Président(e) de la République française, s'il réussit deux mandats de cinq ans, il aura à compter avec de forts mouvements de population même s'ils se déroulent loin de France (chaque année le monde doit "digérer" en quelque sorte plus de 75 millions de personnes). Certes la masse de la population ne suffit pas à faire d'un pays une puissance économique et militaire invincible, mais l'évolution démographique au rythme où elle se déroule a forcément des effets sur la vie des différents Etats. En voici quelques illustrations.

Les Européens n'ont pas voulu ou pu asseoir l'Europe sur des bases politiques solides. Or l'Europe est le seul endroit de la Terre avec le Japon où, dès à présent, la population diminue. En 1950 le continent européen plaçait huit pays parmi les vingt plus peuplés du monde. Ils étaient encore trois en 2005. Seule subsistera bientôt la Russie avec 112 millions d'habitants, dont le nombre se réduit.

En comparaison, l'Asie à elle seule croît de 46 millions d'habitants par an. La France sera à la dimension d'une province chinoise.

Certes des variantes existent en Asie également. La population chinoise est appelée à vieillir dès 2030. En revanche celle de l'Inde, du Bengladesh continueront de croître fortement.

On n'a pas fini de parler de nouveaux marchés en devenir mais aussi de réserves de main-d'œuvre à bon marché exerçant indirectement une forte pression sur celle des pays "matures". On ne pourra plus traiter les problèmes sociaux, de formation, de localisation d'activités en ignorant les réalités mondiales.

Même si on espère éviter les confrontations religieuses et culturelles, il faut être conscient du fait que la dynamique démographique est très forte dans les pays où l'Islam est la religion majoritaire (Pakistan, Indonésie, Nigeria, Bangladesh, par exemple).

A ce type de problème s'ajoutera de plus en plus celui de l'immigration notamment en provenance d'Afrique. Au rythme actuel de progression le continent africain compterait plus d'un milliard d'habitants en 2010 (900 millions en 2005), en 2050 1,9 milliard, les plus fortes densité étant en Afrique subsaharienne. L'âge médian passerait en Afrique de 18,9 ans à 27,4 entre 2005 et 2050 (on prévoit 47,1 pour l'Europe)1.

Toutes ces données amènent à penser qu'il sera difficile de freiner systématiquement les flux migratoires en provenance d'Afrique et en direction de l'Europe. Il ne suffira pas de dresser d'illusoires barrages à l'entrée, il faudra se demander quelle part prendre au développement sur place du "Sud" pour éviter qu'il "noie" le Nord de sa masse.

Dernière remarque, aujourd'hui, sur ce thème (qui en appelle bien d'autres) : le seul pays occidental qui continuera de progresser dans les prochaines décennies sont les Etats-Unis (298 millions d'habitants en 2005 ; près de 400 en 2050). Avis à tous ceux qui, en France, considèrent l'Amérique comme un "ennemi".