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Les effectifs de la fonction publiqueLes dysfonctionnements du systèmeRéforme de l’Etat : quelle marge de manœuvre ?

Les effectifs de la fonction publique

1. Des effectifs globaux en forte progression

Depuis 1982, les effectifs globaux des trois fonctions publiques ont augmenté de 23,7%. La fonction publique territoriale est celle qui a enregistré la plus forte hausse.



2. Une croissance des effectifs nettement supérieure à celle de l'emploi total

Entre 1982 et 2003, les effectifs des fonctions publiques territoriale et hospitalière ont augmenté beaucoup plus vite que l'emploi total.  En revanche, la fonction publique d'Etat a connu une progression à peu près similaire à celui-ci.



3. Une proportion élevée d'emplois publics

Alors que dans la plupart des pays de l’OCDE, la part de l’emploi public dans la population active tend à diminuer, en France, elle se stabilise à un niveau élevé (plus de 20%).



4. Effectifs : des évolutions contrastées selon les ministères

Si, depuis 15 ans, les effectifs des ministères des Finances ou de l’Equipement ont diminué, ceux des autres ministères ont régulièrement augmenté.



5. Répartition des effectifs : de fortes inégalités régionales

L’Ile-de-France est, avec l’Auvergne et les régions d’Outre-mer, la région dont le taux d'administration est le plus élevé.



Voir la répartition du taux d'administration par type de fonction publique

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Les réactions

5. mardi 30 mai 2006, 17:44 James Arly

Franchement, le tableau 3 est typique du bonheur des référents du "modèle nordique" : Il manque 50 % de fonctionnaire pour devenir un peuple heureux et sans histoire ! ARF ! Y'a du boulot !

4. lundi 18 septembre 2006, 18:37 François Besson

Le maintien des effectifs de la fonction publique d'Etat et l'envolée des effectifs territoriaux sont évidemment liés à la politique de décentralisation. Une bonne gestion de la fonction publique ne consisterait-elle pas à mutualiser des services au niveau de l'Etat plutôt que les décentraliser à outrance au niveau des collectivités territoriales dirigées par des petits barons en proie au clientélisme. Vos chiffres ne contredisent-ils pas la vulgate décentralisatrice ?

3. lundi 18 septembre 2006, 18:46 François Besson

I -UN EXEMPLE EDIFIANT DE CASSE SOCIALE : LA POSTE Où l’on comprend que le cas de la Poste illustre l’absurdité de l’idéologie de la privatisation... I-A) La France dix fois plus riche, la Poste toujours plus pauvre... Pour bien comprendre la situation, il convient de rappeler quelques chiffres. Le PIB de la France a été multiplié (en euros courants de 1990) par 10 entre 1914 et 2000. La production a donc été multipliée par 10. On parle à tort de richesse, c’est plus que la richesse : le PIB est l’accroissement annuel du patrimoine – une partie s’envole certes en consommation, mais une part non négligeable vient s’accumuler dans le patrimoine national. En dépit des dettes actuelles, la France actuelle est donc beaucoup plus riche que celle de 1914, bien plus que 10 fois plus... Elle produit en tout cas 10 fois plus qu’il y a 90 ans... Eh bien, on apprend aujourd’hui que la Poste ouvre le deuxième tiroir de son plan de réduction de ses bureaux pour 2010. Le premier volet prévoyait de passer de 19000 bureaux à 11000 en cinq ans, le deuxième volet envisage lui de passer de 11000 à 6000 !... Ainsi donc la France de 1914 qui était dix fois moins riche qu’aujourd’hui et qui comptait seulement 40 millions d’habitants jugeait nécessaire de maintenir 19 000 bureaux de poste et 100 ans plus tard les Français qui sont devenus 60 millions et qui habitent toujours 36 000 communes ne devraient se contenter que de 6000 bureaux. 13 000 communes perdraient leur poste au nom de la modernisation de l’économie et de la rationalisation des moyens... I-B) La Poste ne coûte rien, mais rapporte à l’Etat... J’entends d’ici les objecteurs (de bonne conscience...) qui diront : “oui mais ces fonctionnaires nous coûtent cher”... “on ne peut plus entretenir des bureaux dans des villages désertifiés...” Rappelons ici à tous ceux qui maîtrisent mal le vocabulaire économique que les employés de la Poste sont certes des “fonctionnaires” mais qu’ils ne sont pas payés par le budget de l’Etat ni par les impôts des contribuables. Ils sont payés par “les timbres poste”, tout simplement... Car la Poste est un service public marchand qui s’est toujours auto-financé par les services postaux qu’elle commercialise. Pendant les années 80, la Poste s’est même payé le luxe de verser chaque année 4 milliards de francs en moyenne à l’Etat pour rallonger son budget... Ces sont tous ces milliards envolés de caisses de la Poste pendant des années qui lui font peut-être défaut aujourd’hui pour provisionner largement ses pensions et moderniser certains bureaux. Alors comme on ne peut pas moderniser tous les bureaux, on ferme les bureaux, c’est plus simple. Et la France qui avait la meilleure poste du monde s’engage sur la voie d’une privatisation de ses services. Car c’est bien cela qui se profile derrière la suppression de 13 000 bureaux de poste. On supprime les bureaux “non-rentables”, c’est à dire ceux qui rapportent moins que ce qu’ils ne coûtent et on garde les bureaux “juteux”, c’est à dire ceux qui rapportent plus que ce qu’ils ne coûtent. Il s’agit bien évidemment d’un déni du principe de péréquation qui a toujours prévalu dans le service public : il n’est plus question de maintenir une égalité d’accès des citoyens aux services postaux (comment cela se pourrait-il quand on ferme 13 000 bureaux ?...) , mais de donner à l’entreprise “la Poste” toutes les apparences d’un placement attractif pour de futurs actionnaires : on repeint la façade (“window dressing” pour ceux qui pratiquent l’anglais financier...) afin de mieux attirer le chaland et les fonds de pension américains. Ces derniers rappelons-le exigent une rentabilité de 15% et on ne se suffira pas de 6000 bureaux : il faudra encore réduire les effectifs de la future poste privatisée pour payer les pensions des retraités américains.... I-C) Les énarques complexés à la manœuvre... La Poste correctement gérée ne coûte donc strictement rien à l’Etat et au contribuable et c’est simplement une idéologie de petits rentiers qui peut la conduire à s’auto-sacrifier sur l’autel du libéralisme. Les fonctionnaires énarques qui la dirigent depuis 10 ans sont d’ailleurs tellement complexés d’être fonctionnaires et de ne pas gagner les sommes faramineuses de leurs collègues du CAC 40, qu’ils accélèrent le mouvement de “modernisation”, c’est à dire de destruction de la Poste en tant que service public. Il en résultera bien évidemment une accélération de l’exode rural, la désertification complète et définitive de milliers de bourgs et villages français et l’entassement des populations dans des banlieues sordides (et tout aussi sous-développées en termes de services publics...). Encore de belles ballades en perspective pour Sarkozy à Argenteuil ou ailleurs... Bien sûr on nous parle de services alternatifs : des guichets postaux qui seraient proposés à des tabacs ou des épiciers. Mais comment maintenir un tabac ou une épicerie dans un village ou dans un bourg quand l’hôtel des impôts, le bureau de poste, la brigade de gendarmerie et l’école communale ont fermé ? Quand tous les habitants vont passer leur samedi à 30 kms de là, dans une zone commerciale sordide où le bureau de poste “rénové” trône sur un parking entre une “Halle aux chaussures”, un “Norauto” et la cafétéria du “Casino” ?... Belle évolution sociale !... Comment passer de la cohésion locale à la prolétarisation culturelle régionale ! Comment transformer des “villageois” ou des “bourgeois” dignes en consommateurs débiles qui zonent dans leur ZAC à la recherche de la dernière promo !... 100 ans de progrès industriel et social pour en arriver là !... II- LE PRINCIPE DE CONCURRENCE EN QUESTION Où l’on comprend que les effets de la concurrence sont régis par certaines lois économiques qui ne sont pas généralisables à tous les marchés... II- A) La concurrence libératrice ? L’économie de marché trouve son apogée depuis quelques années dans une dérégulation intensive de la plupart des secteurs économiques. De privatisations en démantèlements de monopoles, d’ouverture à la concurrence en libéralisation, la certitude est désormais ancrée dans l’esprit du public piégé par le matraquage médiatique que la concurrence est une « révolution libératrice » pour le consommateur. Celui-ci a pu mesurer, dans les secteurs les plus tôt ouverts à la concurrence, les bienfaits qu’elle pouvait lui apporter : qui ne s’est pas rendu compte que sa facture de téléphone avait baissé fortement. Qui n’a pu bénéficier d’un vol Paris-New York à 500 euros ? Pourtant, derrière cette apparence libératrice, se fait jour une autre évidence : “La concurrence, c’est très emmerdant”. Car, dans les secteurs les plus concurrentiels, le consommateur se trouve confronté à une pluralité de choix très embarrassante. Il est désormais obligé de se forger une expertise technique et économique de haut niveau s’il veut être à même de juger avec pertinence des offres qui lui sont faites. Il est, de plus, en butte à une pression environnementale très forte : tout se passe comme si, culturellement, le consommateur avait échangé une « culpabilité chrétienne » contre une « culpabilité économique ». Ce sont ses enfants ou ses amis qui vont ainsi tenter de le ringardiser : « Comment ? Tu n’es qu’à 512 Kbits/s ? Moi, j’ai du 2 mégabits !… » Sa femme va tenter de le culpabiliser : « Comment se fait-il que nous payions 25 euros ? Les Durand sont malins eux, ils payent 14 euros !… » La guerre commerciale étant à son comble, celui qui veut rester à la page est obligé de jongler sans arrêt entre les différents opérateurs, au risque de pénaliser sa continuité de service et de s’engager dans des contentieux usants… La concurrence s’intensifiant dans certains secteurs, ce qui était initialement perçu comme une fonction libératrice tend à devenir une contrainte : les situations de monopole avaient ceci de satisfaisant pour le consommateur qu’il échangeait le regret de ne pas avoir de choix contre le soulagement de ne pas avoir à choisir ! On comprend dès lors comment, inconsciemment, l’imposition par une politique libérale de la concurrence à tous les services publics peut provoquer un rejet massif même si temporairement elle semble soulager le budget des consommateurs... II-B) Pouvoirs et limites de la concurrence Au-delà des impressions contradictoires qui peuvent naître de la « fonction libératrice de la concurrence », il apparaît aussi que cette notion pâtit de la confusion qui est entretenue dans l’esprit du public entre « privatisation » et « libéralisation », entre « monopole » et « service public », entre « dérégulation » et « concurrence » : des monopoles peuvent être privés (cf. le monopoles locaux de la distribution de l’eau), la dérégulation n’aboutit pas nécessairement à la concurrence (le consommateur anglais qui souhaite se rendre de Londres à Oxford en train n’a bien évidemment pas le choix de sa compagnie ferroviaire, sauf à choisir de passer par Glasgow au lieu de Reading…), des opérateurs privés peuvent se voir confier des obligations de service public (désenclavement des « zones blanches » ou portage des numéros pour les opérateurs de téléphonie mobile par exemples…). S’ajoute à cet aspect des choses la segmentation des fonctions qui étaient autrefois portées par un opérateur unique : production, transport, distribution, commercialisation sont désormais parfois répartis entre plusieurs opérateurs sans que le client final ne soit en mesure d’apprécier la pertinence de cette segmentation, ni d’en comprendre les enjeux. De cette incompréhension naît parfois un fort mécontentement face à une forme d’irresponsabilité des opérateurs en cas de discontinuité du service : qui sait ce qui se passe exactement entre sa prise téléphonique et le serveur d’un fournisseur d’accès internet ? En cas de panne, qui en est responsable ? On comprend donc que pour le consommateur final, « libéralisation » rime parfois avec « confusion » et « concurrence » avec « absence de transparence »… II-C) La concurrence et la loi de l’abondance Au-delà des remarques précédentes qui sont de nature « relationnelle » (elles correspondent au vécu, à l’expérience du consommateur confronté à la liberté de la concurrence), il existe d’autres obstacles à une concurrence vertueuse qui sont de nature économique. Le secteur des télécoms est souvent mis en avant parce qu’il reflète le mieux les bienfaits que la concurrence apporte au consommateur : liberté de choix – baisse de coûts – augmentation des performances – émergence et satisfaction de nouveaux besoins… Mais ce secteur dispose d’un atout bien particulier : c’est l’abondance quasi-illimitée des ressources qui génère la spirale vertueuse des offres concurrentielles. Car les télécoms, comme l’informatique sont régis par la loi de Moore : « tous les 18 mois, la performance de systèmes est multipliée par 2 à coût égal » ; quand j’ai commencé ma carrière en 1985 dans l’informatique, les modems transmettaient à 5 Kbits/s, 19 ans après (12 fois 18 mois), l’internet est aujourd’hui desservi commercialement à 10 Mbits/s ce qui corrobore tout à fait la loi de Moore (5K x 2^12 = 10 000K…). Nous sommes donc en présence d’un marché où règne l’abondance des ressources. Et cette abondance est elle-même génératrice de nouvelles sources de valeur : on commence par transporter de la voix, puis des données, puis des images, puis de la musique, puis de la vidéo ; ces flux représentant des valeurs économiques toujours croissantes. A performance égale (ou à flux égal), il est évident que les opérateurs peuvent se livrer sans grand risque à une guerre des prix, sachant que la ressource leur coûte toujours moins cher à partir du moment où ils la partagent entre un nombre croissant d’utilisateurs… A l’inverse dans d’autres secteurs ouverts à la concurrence, les transports aériens par exemple, l’abondance, si elle existe, n’est pas structurelle mais conjoncturelle : elle n’est pas liée au coût complet du service (qui reste fixe) mais à son coût marginal (en fonction du taux de remplissage), ni à une évolution de structurelle de l’offre mais à une évolution conjoncturelle de la demande (l’offre ne devient surabondante que lorsque la demande baisse du fait d’une crise économique par exemple). Dans cette situation d’abondance conjoncturelle et marginale, la concurrence n’est pas créatrice de valeur mais destructrice de valeur à l’échelle macro-économique : la guerre des prix devient très périlleuse pour les opérateurs, il suffit pour s’en rendre compte de regarder le nombre de faillites dans le secteur aérien. Le marché du transport aérien n’est donc pas un marché d’abondance, mais un marché ajusté (soit en pénurie de ressources en cas de reprise de la demande, soit à l’équilibre, soit en ajustement marginal). Le marché de l’énergie n’est pas non plus un marché de l’abondance. On peut même, sans risque de se tromper, prédire qu’à moyen ou long terme ce sera un marché de vraie pénurie structurelle. Les énergies stockables peuvent bénéficier d’un levier d’ajustement sur le moyen terme entre l’offre et la demande, mais l’électricité qui n’est pas stockable reste assujettie à des effets de levier extrêmement marginaux d’ajustement (effets de crête). Seule une politique d’optimisation des frais généraux permet de vendre moins cher sans que la croissance du marché génère des marges de manœuvre supplémentaires comme dans les télécoms : on comprend dès lors le non-sens que constitue l’ouverture à la concurrence du marché de l’électricité et comment cette même concurrence a failli conduire la distribution d’électricité à la ruine en Californie. On comprend donc que la concurrence n’est vertueuse (bénéfique aux producteurs comme aux consommateurs) que dans les secteurs économiques ou règne une situation d’abondance des ressources (comme les télécoms...) mais qu’elle est très pernicieuse dans tous les autres secteurs où les ressources sont rares. II-D) La concurrence et la loi de l’offre Une autre considération est à prendre en compte pour juger des vertus de la concurrence : c’est celle de la nature du marché ; est-ce un marché de l’offre ou un marché de la demande ? Le marché des télécoms est à l’évidence un marché de l’offre. C’est l’abondance des ressources qui génère de nouveaux besoins et partant de nouvelles offres : parce que les débits le permettent, apparaissent de nouvelles offres de video-on-demand, de TV par internet, etc qui suscitent des besoins de consommation chez les clients du fait du désir mimétique (“je veux un téléphone 3G pour marquer mon égalité avec mon patron”)… Ces nouvelles offres justifiant une demande croissante de ressources dans une spirale vertueuse en terme de valeur. Le secteur des transports aériens est aussi devenu un marché de l’offre dans son versant loisir : on ne voyage pas parce que c’est une nécessité, mais parce que des offres alléchantes suscitent le besoin de s’évader… Le secteur de l’énergie n’est pas un marché de l’offre. C’est un marché de la demande : on ne se chauffe pas plus parce que le prix du fioul baisse… On n’allume pas plus la lumière parce que le prix de l’électricité baisse. C’est un marché de la nécessité : la multiplication des offres ne crée pas de nouveaux besoins générateurs de valeur. On comprend là aussi que la concurrence est plus vertueuse sur les marchés d’offre et pernicieuse sur les marché de la demande. A cet égard le cas de la Poste est mitigé : les services de messagerie sont presque des marché de l’offre dans la mesure où l’ouverture de certains services originaux créent de nouveaux besoins (notamment dans le e-commerce...). Mais les services postaux généraux restent un marché de la demande : on n’expédie une lettre que parce que l’on en a besoin, pas parce que le prix du timbre a baissé... On comprend donc que l’externalisation et la semi-privatisation de Chronopost n’est pas forcément idiote dans ce contexte. A contrario l’extension de cette logique à toute la Poste est absurde parce que la loi de l’offre la contrarie totalement. III- LE ROLE DE L’ETAT Où l’on comprend que rien ne s’est jamais fait de grand dans un pays occidental sans l’impulsion de l’Etat... L’Etat impulseur Qui a mené un homme sur la Lune ? Monsieur Rockfeller et son entreprise ? Ou le milliardaire Howard Hugues ? Ou encore Donald Trump ? Bien évidemment, c’est l’Etat fédéral américain qui pour des raisons de prestige politique a investi des centaines de milliards de dollars dans la course à l’espace via l’agence nationale NASA. Evidemment quantité de sous-traitants privés en ont bénéficié. Mais ce sont les milliards du budget fédéral (et de l’impôt) qui ont fait l’affaire. Idem en France, où le programme Concorde, puis Airbus, ainsi que le programme Ariane ont fait de l’industrie aérospatiale française la deuxième du monde. On pourrait parler aussi du nucléaire en France, mais surtout du ministère de la Défense aux USA qui a déversé des milliers de milliards de dollars de subvention sur les industries du Texas et de l’ouest américain... Internet en est sorti avec toute la société de l’information comme était sorti du New deal de Roosevelt le rebond prodigieux de l’industrie américaine qui allait lui donner la suprématie mondiale en 1945. Même dans les télécoms, est-ce la concurrence qui a fait la puissance des télécoms français et américains ? Bien évidemment non, ce sont les monopoles d’Etat en France ou les monopoles privés contrôlés par l’Etat aux USA qui ont permis à France Telecom, à Alcatel, à ATT (Lucent) de se hisser au plus haut niveau et de bâtir des infrastructures de premier plan. En France c’est le plan de numérisation intégral du réseau des PTT lancé par Gérard Théry sous Giscard qui permet aujourd’hui à la France d’avoir un des internets les moins chers du monde et un des taux d’équipement en très haut débit les plus importants ... L’Etat innovateur Pourquoi aucun industriel n’a-t-il jamais réussi à vendre une ligne TGV aux Américains ? Pourquoi un train qui mettrait le centre de New York à 3/4 d’heure du centre de Washington n’a-t-il jamais vu le jour ? Parce que là-bas, ce type d’investissement dépend d’investisseurs privés... Personne n’est prêt à risquer 1 dollar sur un investissement rentable en 30 ans seulement !... Imagine-t-on un seul instant que si la SNCF avait été privatisée en 1970, le TGV aurait vu le jour ? Bien évidemment non. Nous avons la réseau ferré le plus efficace, le plus ponctuel (n’en déplaise à ses détracteurs...), le plus rapide du monde... Et bien évidemment il est de bon ton d’en appeler à sa privatisation... Qui n’aura d’autre effet que de transférer dans un premier temps les dividendes des investissements réalisés il y a vingt ans à des intérêts privés, à faire supporter la charge de la péréquation à des collectivités territoriales et au contribuable et dans un second temps de voir ralentir les investissements et s’user nos installations. Car des intérêts privés à la tête de la SNCF (ou de plusieurs SCF...) n’auront d’autre objectif que d’extraire le plus rapidement possible le maximum de fric de l’entreprise à court terme, au détriment du confort et de la sécurité des voyageurs, des conditions de travail des salariés, du développement régional du pays. Il suffit pour s’en convaincre de regarder le film édifiant de Ken Loach, The Navigators (2001)... L’Etat investisseur Partout où l’Etat abdique son rôle d’investisseur, les investissements privés reculent. On le constate en France depuis 20 ans. Ce sont les investissements de l’Etat, en Europe comme aux USA, qui drainent et favorisent les investissements privés !... C’est encore une supercherie de faire croire aux électeurs que le recul de l’Etat (par la baisse des impôts et la baisse des dépenses publiques) favorise des masses monétaires disponibles pour l’investissement. On ne l’a jamais vu nulle part. Quand l’Etat rétrécit, c’est l’épargne à court terme qui augmente. Il suffit de voir l’état de la recherche privée et publique européenne pour s’en convaincre. Depuis que Elf et Total ont été fusionnés et privatisés et rendent compte à des conseils d’administration aux ordres de la finance internationale, leurs investissements en R&D n’ont jamais été aussi bas ; malgré des profits records ! La situation est la même dans l’industrie pharmaceutique où ne sont plus recherchés que des blockbusters marketing au retour sur investissement élevé mais à l’effet thérapeutique ou à l’impact en terme de santé publique très faibles... L’Etat régulateur Partout où l’Etat abdique de son rôle de régulateur, les intérêts privés ne concourent plus à l’intérêt général. La France de ces 10 dernières années en donne aussi un bon exemple. On peut en effet tolérer que des monopoles soient délégués au privé à condition que l’Etat exerce une forme de tutelle. C’était le cas en France par exemple dans le secteur de l’eau. Suez (Lyonnaise des eaux), la CGE (devenue Vivendi puis Veolia) et dans une moindre mesure Bouygues (Saur) se partageaient certains monopoles locaux de la distribution de l’eau. Chacune de ses sociétés comprenait que son intérêt immédiat n’était pas d’abuser de sa position dominante mais de concourir à l’intérêt général. Bien sûr, il y avait de la corruption, mais pas trop. Et puis les tarifs pratiqués étaient sensiblement équivalents aux tarifs pratiqués par les régies municipales. Tout le monde s’y retrouvait. Parce que ces entreprises étaient dirigées par d’anciens grands commis de l’Etat qui savaient jusqu’où ne pas aller trop loin. C’était le temps du capitalisme à la française. Qui s’en plaignait ? Tout a changé quand les anciens grands commis (Messier en premier) se sont affranchis de la tutelle relationnelle de l’Etat pour se soumettre par ambition, strictement personnelle, à la finance internationale. Il s’agissait dès lors d’obtenir des taux de rentabilité exorbitants en même temps que des stock-options faramineuses. Et l’on a vu les tarifs s’envoler parfois à plus du double ou du triple des anciennes régies municipales que des maires corrompus s’empressaient de privatiser. Cela n’a été possible que parce que s’est infiltrée au gouvernement (à droite comme à gauche) une idéologie libérale qui s’est mise à haïr le rôle régulateur de l’Etat et à encenser la gestion privée. Le conflit de la RCM à Marseille n’est que le dernier avatar de ce renversement des valeurs : c’est bien parce qu’une surenchère libérale agite la majorité municipale dans la perspective du ralliement à Sarkozy que la décision a été prise de confier la régie des transports à la Connex (filiale de Veolia ou de Suez, je ne sais plus, mais c’est pareil...). Il n’y a bien évidemment rien à attendre de cette privatisation si ce n’est un hausse des tarifs (comment pourrait-il en être autrement à partir du moment où au contraire d’une régie une société privée fait des bénéfices et les verse à ses actionnaires ?...), une baisse des salaires pour les traminots (ou les deux à la fois...). En quoi la vie des Marseillais en tant qu’usagers ou en tant qu’employés de cette compagnie, s’en trouvera-t-elle améliorée ? En rien. Par contre, cela contribuera largement à la hausse des dividendes de Veolia. Le médiateur Bernard Brunhes nommé par le gouvernement pour négocier vient d’ailleurs de l’avouer puisqu’il a déclaré aujourd’hui qu’il avait trouvé la municipalité “enfermée dans ses certitudes” et incapable d’évoluer dans “sa position doctrinale”... Il s’agit bien de ça : non pas que tous les “calus” qui forment la majorité de Gaudin soient devenus subitement tous adeptes de Milton Fridman ou de Hayek (“de qui ?...”), mais que pour complaire à l’idéologie de “rupture” libérale en vogue au siège de l’UMP, il faille affirmer une position de principe très ferme pour faire allégeance à celui qu’ils croient être le futur président de la république. * * * Mais ces considérations économiques ou sociologiques n’ont rien à faire dans le débat politique actuel. Le libéralisme total est à l’offensive et le combat mené par les seuls syndicalistes de la fonction publique est stigmatisé car désigné comme défense d’avantages et de privilèges. C’est en partie vrai : le départ à la retraite des cheminots à 52 ans ne tient plus aujourd’hui face à l’évolution démographique et aux conditions de travail (les cheminots ne passent plus 30 ans à respirer du poussier de charbon, la tête au vent comme Jean Gabin dans La Bête humaine !...). Mais ce qui apparaît aussi, c’est que certains combats d’arrière garde menés par certains syndicats servent de paravents à la droite libérale pour faire passer des réformes totalement absurdes sur le plan économique. La droite libérale française est d’ailleurs totalement nulle en économie comme en témoignent les performances catastrophiques de ces deux plus dignes représentants que furent Raymond Barre et Edouard Balladur (il faut y ajouter aussi à gauche Pierre Bérégovoy, mais lui a eu au moins l’élégance de se suicider !... Ce qui sauve son honneur...) : leur politique monétariste et du franc fort et la réduction permanente de la demande intérieure ont failli ruiner la France !... Mais ils iront jusqu’au bout de leur logique, au mépris de certaines lois qu’ils feignent d’ignorer. La question du service public va devenir centrale dans les prochaines occurrences politiques. Non pas que les Français soient passionnés par la structure du conseil d’administration qui dirige les services publics. Mais bien parce qu’il s’agit du rôle de l’Etat en tant qu’impulseur de nouvelles politiques d’aménagement du territoire, en tant qu’innovateur de nouveaux services, ou en tant que régulateur des services marchands au nom de l’intérêt général. C’est bien celui-ci qui risque d’être battu en brèche pour la défense d’intérêts particuliers ou catégoriels. La crise des banlieues a été le révélateur du recul de ce principe républicain d’égalité devant les ressources et les services que les conditions géographiques ou historiques ont conféré à la France. Il s’agit désormais de savoir si les Français pourront poster un courrier au même prix selon qu’ils habitent Paris, ou Vélisson-sur-Gardoule, s’ils auront accès au haut-débit internet selon qu’ils sont en ville ou en zone rurale, s’ils devront prendre leur voiture pour se rendre à Paris parce que la SNCF aura fermé leur ligne, si les instituteurs de leur ZEP seront aussi qualifiés que ceux de Neuilly , ou même encore s’ils verront désormais les tarifs des services qu’ils ont financé varier en fonction de la tête du client ou de politiques commerciales compréhensibles de seuls quelques initiés... Au delà de l’égalité inscrite dans la constitution et revendiqués par les droits de l’homme, il s’agit de savoir si les Français vont rester des citoyens arbitrant par la politique les choix concernant leurs services publics, ou s’ils vont devenir de simples consommateurs manipulés... Si la politique consiste à bâtir une cité, c’est à dire une communauté de vie harmonieuse ou les rapports entre les citoyens sont régis par la loi et non pas par la puissance de quelques uns... Si comme on le dit il faut créer des emplois dans les services en lieu et place de l’industrie, alors s’agit-il d’emplois de “promeneurs de caniches” ou “de rangeurs de pulls” (voir Sharon Stone dans le film de Jim Jarmush, Broken Flowers...) au service des vainqueurs de la mondialisation ou d’emplois dignes dans de véritables services d’intérêt public... S’il s’agit développer les services et de les rapprocher des citoyens ou s’il s’agit de fermer les bureaux et de rapprocher les consommateurs de zones commerciales déshumanisées et repoussantes... S’il s’agit, dans un double mouvement, d’entasser en banlieue sous-développée des cadres moyens et des employés fuyant les loyers exorbitants du centre ville et d’ex ruraux poussés vers la ville à cause de la désertification de leurs bourgades par les services publics, ou s’il s’agit de penser une vraie politique d’aménagement du territoire... S’il s’agit enfin de construire une société où les gens se respectent, ou s’il s’agit de démonter pierre après pierre notre société fondée sur les droits de l’homme et du citoyen pour la remplacer par une société néo-féodale où n’interagissent que les rapports de force...

2. samedi 13 janvier 2007, 15:03 and

\"Depuis 1982, les effectifs globaux des trois fonctions publiques ont augmenté de 23,7%. La fonction publique territoriale est celle qui a enregistré la plus forte hausse\". 23.7 % ? pour effectuer un travail supplémentaire , ou pour pouvoir prendre des RTT , ou pour pouvoir moins travailer ??? Dans le secteur privé , les effectifs n\'ont pas progressé de 24 %!!! Et l\'attente dans le service public (voir centres de sécurité sociale) ne s\'est pas améliorée , d\'autant qu\'avec la carte vitale, ils n\'ont plus rien à faire !

1. vendredi 11 avril 2008, 11:19 bahia

bonjour, je ne sais pas quoi penser de cette réforme . je suis non titulaire depuis le 1 an bientot . j'aimerai bien savoir en quoi la réforme sera bénéfique pour moi. en effet pour etre fonctionnaire , je dois passer un ecrit d'admissibilté ensuite un oral et le nombre de place est de plus en plus cher. par exemple , le 1 avril environ 1020 candidats pour 250 postes . que pensez vous de cette réforme pour ceux qui sont assimilés fonctionnaire. Il n est pasq normal qu'à boulot égal nous n'avons pas les mêmes primes , le même salaire?

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